‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 450 sur 539 · Mémoires de M, Fontaine, t. 111, p · texte numérisé non relu

Mémoires de M, Fontaine, t. 111, p

laine, avouait avec plaisir la force des discours de M. Pascal; mais il n'y apprenait rien de nouveau. Tout ce que M. Pascal lui disait de grand, il Tavait vu avant lui dans saint Augustin, et faisant justice à tout le monde, il disait : a M. Pascal est extrêmement estiaiable, en ce que, n'ayant point lu des Pères de l'Église, il a, de lui-même, par la pénétration de son esprit, trouvé les mêmes vérités qu'ils ont trouvées. 11 les trouve surprenantes, parce qu'il ne les a vues en aucun endroit ; mais pour nous, nous sommes accoutumés à les voir de tous côtés dans nos livres. » Ainsi ce sage ecclésiastique, trouvant que les anciens n'avaient pas moins de lumière que les nouveaux, s'y tenait, et estimait beaucoup M. Pascal de ce qu'il se rencontrait en toutes choses avec saint Augustin *. »

Comment Pascal ne se serait-il point plongé dans la lecture des écrits d'un Père qui l'avait devancé de si loin dans ses réflexions les plus sublimes ou les plus subtiles, et dont les modernes ne semblaient avoir fait autre chose que s'approprier les pensées? Aussi bien, Port-Royaldes-Champs n'était-il pas une sorte de Cassiciacum?

Pascal se fut donc bientôt pénétré de la doctrine de ses directeurs, en même temps qu'il épousa leurs querelles avec toute la passion de son impétueux génie. Effectivement, quel plaidoyer en faveur d'Augustin et quelle apologie de la grâce, que les jProvincialesl Sans doute y par une évolution d'une habileté hardie, Pascal quitte promptement, pour marcher à l'attaque du probabilisme, le terrain de la grâce et la

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