I. Mémoires de M. Fontaine^ t. III, p
INFLDENCB DE S. AUGCSTIM AD XVU^ SIÈCLE. 199
défense d'uû pouvoir qui ne peut rien sans une condition que tous les justes n'ont pas. U porte la guerre chez ses adversaires et la fait à leurs dépens '• Mais en tout et toujours, c'est pour rAugustinianisme qu'il combat. Augustin est l'autorité qu'il invoque sans cesse. Les arguments sous lesquels il écrase les casuistes sont ceux4à même qu'Augustin opposait au probabilisme des Académiciens. C'est saint Augustin qui lui a enseigné « que la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre ^. » C'est d'Augustin qu'il a appris a que deux genres d'hommes partagent tous les hommes; qu'il y a deux peuples et deux mondes répandus sur toute la terre'. » Sa dialectique de feu et sa poignante ironie, sa verve sarcastique et sa généreuse indignation, son argumentation pressante et ses accablants dédains, chez lui tout s'émeut, tout éclate au nom d'Augustin* Port-Royal lui devient l'arche sainte qui renferme les tables de la vérité, et cette vérité est la parole de l'évêque d'Hippone. Pour lui comme pour tout Port'Royal, lantiquité, la tradition, c'est uniquement saint Augustin. Augustinianisme, Jansénisme, Cyranisme ne sont, à des moments différents, qu'un même triomphe de la grâce. Phénomène étrange I U semble que le Jansénisme doive ruiner toute mo-
1 . Lettres écritesà unProvinciaï, xu« lettre. S'il faut en croire (le Père Daniel) Tauleur de la Réponse aux Lettres Provinciales , ou des Entretiens de Cléanthe et d'Eudoxe, Cologne, 1696, in-12, p. 18, l*^ Entretien^ ce serait le chevalier de Méré qui aurait conseillé à Paacal, inalgré tout le succès de la iv« lettre, de laisser absolument la matière de la grâce, et de 8*ouvrir une plus grande carrière.