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raie, puisqu'en infirmant le libre arbitre, il tend à décharger l'homme de toute responsabilité. « Vous lisez donc saint Paul et saint Augustin, écrivait Madame de Sévigné, charmante mais mondaine et raisonneuse affiliée de Port-Royal . Voilà les bons ouvriers pour établir la souveraine volonté de Dieu ; ils ne marchandent point à dire que Dieu dispose de ses créatures comme le potier de son argile ; il en choisit, il en rejette. Ils ne sont point en peine de faire des compliments pour sauver sa justice; car il n'y a point d'autre justice que sa volonté. C'est la justice même, c'est la règle; et après tout, que doit-il aux hommes ? Rien du tout ; il leur fait donc justice quand il les laisse à cause du péché originel qui est le fondement de tout ; et il fait miséricorde au petit nombre de ceux qu'il sauve par son Fils. — N'est-ce pas Dieu qui tourne nos cœurs ? N'estce pas Dieu qui nous fait vouloir? N'est-ce pas Dieu qui nous délivre de l'empire du démon? N'est-ce pas Dieu qui nous donne la vue et le désir d'être à lui? C'est cela qui est couronné ; c'est Dieu qui couronne ses dons ; si c'est cela que vous appelez le libre arbitre, ah! je le veux bien*. »
Et cependant, le Jansénisme professe la morale la plus sévère. C'est qu'il ne détache l'homme de luimême, que pour le rattacher plus étroitement à Dieu. C'est un Stoïcisme chrétien avec toutes les inconséquences du Stoïcisme antique.
Au contraire, il semble que le Molinisme, qui revendique la liberté humaine, doive du même coup res-