Lettres, t. VI, p. 835 et
INFLUENCE DE 8. AUGUSTIN AU XVIl* SIÈCLE. 201
taurer, avec le sentiment de la responsabilité, la moralité. Et cependant, les Jésuites deviennent les fauteurs de la morale relâchée. C'est qu'en remettant l'homme à lui-même, ils le remettent, pour ainsi parler, à ses faiblesses, à ses passions et à ses caprices, oblitérant de la sorte la notion d'une règle inflexible et souveraine. Tant il est difficile de garder dans l'étude ou la direction de l'homme un juste tempérament!
Les doctrines de Port-Royal relativement au libre arbitre s'étendent d'ailleurs de la morale privée à la morale publique. Les Jansénistes se dédommagent de leur obéissance à l'absolutisme, en reportant cette obéissance à Dieu. Ils cherchent au-dessus du prince le principe du pouvoir et de la loi. Tout en prêchant la soumission aux puissances établies, ils professent qu'en définitive mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes. Le Jansénisme est le père de l'esprit parlementaire. C'est par là qu'au dix-septième siècle il acquiert tant d'importance, excite les défiances de Louis XIV et bientôt ses colères \ s'attire les disgrâces qui l'ont immortalise. Le despotisme qui en avait appelé à saint Augustin, croit s'apercevoir qu'à saint Augustin pourrait, à son tour, en appeler la révolution.
Mais il convient de montrer plus expressément quelle a été, au dix-septième siècle, l'influence de saint Augustin en philosophie.
Cette influence est sensible à Port-Royal même.
Parcourons les Pensées de Pascal. Elles sont, il est vrai, toutes saturées de l'esprit de Montaigne. Mais outre que