Ibid., ibid.t p
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVIi* SIÈCLE. 211
Ce n'est pas que Descartes se démêle aisément dans ces matières de théologie, qu'aussi bien il a toujours redoutées \ et que sur le chapitre de la grâce notamment il donne pleine satisfaction aux purs Augustiniens tels qu'Arnauld. « Je trouve bien étrange, écrivait Arnauld en 1669, que ce bon religieux (le P. Des Gabets) prenne M. Descartes pour un homme fort éclairé dans les choses de la religion, au lieu que ses lettres sont pleines de Pélagianisme, et que hor& les points dont il s'était persuadé par sa philosophie, comme est l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, tout ce qu'on peut dire de lui déplus avantageux, est qu'il a toujours paru soumis à l'Église *. »
Propagées, développées, de son vivant, par ses adversaires, de telles assertions ne trouvaient point Deacartes indifférent. Elles lui allaient au cœur et il s'indignait qu'on tâchât à le séparer des disciples soumis de la grâce. « J'ai cherché dans saint Augustin, écrivait- il en 1642 à Mersenne, les passages que vous m'aviez mandés sur le psaume quatorzième, mais je ne les ai su trouver, ni rien de lui sur ce psaume. J'y ai aussi cherché les erreurs de Pélagius, pour savoir sur quoi se peuvent fonder ceux qui disent que je suis de son opinion, laquelle j'avais ignorée jusqu'à présent; mais j'admire que ceux qui ont envie de médire s'avisent d'en chercher des prétextes si peu véritables et si tirés
1. « M. Descarled, écrivait Botsuei à M. Pastol, a toiiiouri eraiiit d'êlre DOlé par l'Égli«e; et on iui voit prendre sur cela des précaution! dont quelque«-unes allaient jusqu'à i'eicès (1701). » OEuvres cotn^ plhiesy t. XXllI, p. 442.