Descaries y Œuvres complètes ^ t. IX, p
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stacle du côté de rEucharistie, et h rendre les théologiens sectateurs de M. Descartes, a été saint Augustin, qui avance en cent endroits comme incontestable le principe de notre philosophe , par lequel il fait consister Tessence de la matière dans Tétendue. Il parle toujours conformément à Tidée du corps qu'ont les Cart^iens et jamais sdon Tidée qu'en a M. de La Ville «t les nouveaux Aristotéliciens '. »
Est-ce à dire que Descartes procède uniquement de saint Augustin ?
Les détracteurs du philosophe fraT>çais n'ont pas hésité à prétendre que Tévéque d'Hippone était un des personnages auxquels il avait, en le dissionilant, empnmté le meilleur de ses pensées. C'est uh des mille griefs qu'articule Huet, avec une vivacité injurieuse, dans sa Censttrù Philosophiœ Cartesianœ.
a Hocprimum a dtcbitatione sumtum philosophandi inititmi causasqne dubitcmdi^ ab Academicis et Scep^ ticis jam an te excogitata esse pervulgatum est.., jDubitationem hanc, ^an simus^ proponit et sokii Angtie^inus. . . Fundamentum istud doctrinœ suœ a Ego eogitû, ergo sum ; » admonitus a Mersevmo Cartesius ^ignovit esse Augtistini^ cujus hœc verba sunt : « Mihi^ esse me y idqtêe nasse et amare^ certissimum est. Nvdla in
1 . Recueil de quelques pièces curieuses concernant la philosophie de M. Descartes; Amslerdam, 1684, p. 122. Réponse de M.,, à une lettre de ses amis touchant un livre qui a pour titre : Sentiments de M. Det" cartes touchant l'essence et les propriétés du corps opposés à la doctrine de l'Eglise, et conformes aux erreurs de Calvin sur le sujet de fEuoka^ ristie , par Louis de la Ville (le P. Le Valois). Cf. La Vie de M, Desrartesj 5« partie, p. 62Î.
INPLUiilNCE DE S. AUGUSTIN AU XVll* SIÈCLE. 21 S-
his verbis Academicortim argumenta formidOy dicen-* tium, Quid sifalleris? Sienim fallor^ sum : nam qui non est y utique nec falli potest; ac per hoc sum^ si
falior, » Quo argumento usus quoque est aliis locis
Ex mejam supra audistis prœcepta veri cognoscendi proposita ab eo in dissertatione de methodo, commu^ nia esse disciplinarum omnium. , . Primum quidem iilorum manifesto petitum est ex Augustini libris contra Academicos,.. Quœ ad demonstrandam naiu^ ram humanœ mentis et existentiam Dei attulit^ in aliis fundis nata reperimus, et vix quicquam super his novi proferri posse palam ipse déclarât : ac merito sane; extant siquidem in libro Augustini de Trinitate probationes illœ, quibus animum a corpore distinctam esse demonstravit.,. Sectabatur et Augu^tinum Car* tesius, cum dixit mentent eamdem nostram per se ipsam res illas corpore carentes, seque adeo cognos-^
cere Augustinum rursus ac Thomam^ cumprœter
eam memoriam , quœ per instrumenta corporis exercetur, aliam in nobis ponit^ quœ tota ad animum pertineat : item Augustinum; sed maie y tet videtur^ in-
tellectum^ cum dixit animum sentire^ non corpus
Paradoxum illud, quo doctrinam suam de corporis natura^ recepto inter Catholicos dogmati de sancto Eucharistiœ sacramento adversariam defendere tentavit; efficere nempe Deum posse, nt res sine natura sua constent^ ut sint simul et non sint^ ut fiant quamvis fieri nonpossint; hoc^ inquam, paradoxum sumpsit ex quibusdam Augustini, et fortasse etiam Ambrosii, locis maie lectis et intellectis; quibus traditur Detan muiare posse naturas rerum et ea etiam
facere , quœ fieri non possunt , et rei cujtÂsque na-' turam esse voluntatem Dei. Nec enim, cum de naturis rerum ageret Augtistinus^ significavit rerum essentias quœ immutabiles sunt; nec ea simul esse posse docuit, quœ pugnant inter se, et, ut vulgo loquuntur, impii^ cant contradictionem; sed ad naturœ tanttan vires attendit, quas voluntati Dei snbjectas esse mérita censuit; cum cœteroquin diserte pronuntiet, multa non posse Deum, etsi omnipotens est; et ideo omni* potentem esse, quia ista non potest\ »
Âinsi^ à en croire Huet, c'est de saint Augustin que Descartes aurait immédiatement tiré nombre de principes essentiels de sa philosophie.
Qu'y a-t-il de vrai, qu'y a-t-il de faux dans celte quasi accusation de plagiat?
Descartes, nous Tavouons, cite très-peu , et nous ne nierons pas non plus qu'il ne mette une certaine affectation à taire ses lectures. Toutefois, n'est-ce point céder au parti pris et changer gratuitement en imitations et en emprunts des coïncidences, que de rapporter le Cartésianisme à l'Âugustinianisme comme à sa source. Sans doute, Descartes a implicitement connu saint Augustin par saint Thomas, qui, avec la Bible, était constamment entre ses mains ^. Mais on ne voit point qu'à aucune époque il l'ait directement ni intimement pratiqué. Qu'on parcoure tous ses ouvrages : hormis sa correspondance, nulle part il n'y prononce le nom d'Augustin. Il faut même qu'on appelle son attention sur