‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 465 sur 539 · Buillel, La Vie de M. Detcurtet, liv. VU, chap. xu · texte numérisé non relu

Buillel, La Vie de M. Detcurtet, liv. VU, chap. xu

INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVU^ SIÈCLE. 2i7

les rapports que ses propres doctrines présentent avec celles de Tévêque d'Hippone , pour qu'il songe à s'en autoriser. Encore lui est-ce une surprise , et il s'en félicite comme d'une rencontre heureuse.

« Vous m'avez obligé , écrit-il en (640, à un de ses amis, de m'avertir du passage de saint Augustin, auquel mon Je pense ^ donc je suis, a quelque rapport; je l'ai été lire aujourd'hui en la bibliothèque de cette ville, et je trouve véritablement qu'il s'en sert pour prouver la certitude de notre être, et ensuite pour faire voir qu'il y a en nous quelque image de la Trinité; en ce que nous sommes, nous savons que nous sommes, et nous aimons cet être et cette science qui est en nous ; au lieu que je m'en sers pour faire connaître que ce moi qui pense est une substance immatérielle, et qui n'a rien de corporel, qui sont deux choses fort différentes; et c'est une chose qui de soi est si simple et si naturelle à inférer, qu'on est, de ce qu'on doute, qu'elle aurait pu tomber de la plume de qui que ce soit; mais je ne laisse pas d'être bien aise d'avoir rencontré avec saint Augustin , quand ce ne serait que pour fermer la bouche aux petits esprits qui ont tâché de regabeler sur ce principe*. » Ailleurs, Arnauld vient-il à noter comme a digne de remarque, que M. Descartes établisse pour fondement et premier principe de toute sa philosophie ce qu'avant lui saint Augustin, homme de trèsgrand esprit et d'une singulière doctrine non-seulement en matière de théologie, mais aussi en ce qui concerne l'humaine philosophie, avait pris pour la base et le

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