Baillet , La Vie de M. Descartes , liv. II , chap. xiv
2. Tabaraud, Histoire de Pierre de Bérulle^ etc.; 1 8 1 7 , 2 vol. in-S®, t. 11, p. 181. Voy. aussi mon livre intitulé : Le Cardinal de BéruUe^ sa vie t ses écrits, son temps; 1856, iti~12.
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XMl* SIÈCLE. 225
confondait, chez lui, avec celle qu'il avait pour saint Thomas*. » Ajoutez enfin un mysticisme naturel, que dut nécessairement accroître chez le restaurateur du Carmel en France son commerce avec les filles de sainte Thérèse, et qui finit par s'épancher dans le Discours de F État et des Grandeurs de Jésus ^.
De là, le génie de TOratoire, Cartésien tout ensemble et Augustinien, c'est-à-dire Platonicien.
Sans entreprendre de décrire, ce qui n'est point de notre sujet, l'influence de Descartes à l'Oratoire, marquonsry particulièrement l'influence de saint Augustin.
Cette influence y fut très-sensible dès l'origine. Et déjà, c'était à la soUicitation du P. de Bérulle que le P. Gibieuf avait composé son traité de Liber tate Dei et Creaturœ^ dont toute la doctrine est tirée des ouvrages de saint Augustin^. Bérulle mort, l'influence Augustinienne, avant d'incliner décidément vers Descartes les Pères de l'Oratoire, commença, en les arrachant au culte exclusif d'Aristote, par les amener au Platonisme. C'est ainsi qu'en 1665 le P. Fournenc, publiant un cours complet de philosophie, annonçait qu'il voulait unir avec Tesprit de Platon et les doctrines des Pères de l'Église la vraie philosophie d'Aristote. En général, Fournenc, dans son ouvrage, sacrifiait même Descartes à Platon. Mais bientôt le crédit de Descartes devint prépondérant. Dès tors Augustin, qui resta d'ailleurs l'autorité souveraine de l'Oratoire, ne fut