Ibid,Jbid., p
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVIl' SIÈCLE. 245
bi(re est toute augustinienne. Ainsi, afin de prouver la liberté de Thomme, Fénelon ne croira pouvoir mieux faire que d'employer les expressions mêmes dont s'est servi saint Augustin. « Tout homme sensé qui se consulte et qui s'écoute, porte au dedans de soi une décision invincible en faveur de sa liberté,.. Voilà, dit saint Augustin, une vérité pour l'éclaircissement de laquelle on n'a aucun besoin d'approfondir les raisonnements des livres. C'est ce que la nature crie; c'est ce qui est empreint au fond de nos cœurs par la libéralité de la nature ; c'est ce qui est plus clair que le jour; c'est ce que tous les hommes conn£Lissent , depuis l'école où les enfants apprennent à lire jusqu'au trône du sage Salomon ; c'est ce que les bergers chantent sur les montagnes, c'est ce que les évoques enseignent dans les lieux sacrés, et ce que le genre humain annonce dans tout l'univers ^ » D'un autre côté, Fénelon, en dépit de son opposition aux Jansénistes, reproduit à peu près dans toute sa rigueur la doctrine augustinienne de la grâce. Non-seulement il professe avec Augustin a que TefFet du libre arbitre dans cette vie nouvelle n'est point de faire que l'homme accomplisse la justice lorsqu'il le voudra, mais qu'il se tourne par une piété suppliante vers celui par le don duquel il la puisse accomphr^. » Avec l'évêque d'Hippone, il affirme aussi c< que Dieu doit la suite de ses grâces, non à la nature, mais à sa promesse purement gratuite^. » Car « si la grâce était
1. Œuvres philosophiques ^ p. 224; Lettres sur la Métaphysique ^ lettre il.