Ibid., ibid., p
INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVII* SlftCLl. 241
grandeur immense, chaque caractère regardé de près occuperait toute la \ue d'un homme, il ne pourrait en apercevoir qu'un seul à la fois, et il ne pourrait lire, c'cst-à-dîre assembler les lettres, et découvrir le sens de tous ces caractères rassemblés. U en est -de même des grands traits que la Providence forme dans la conduite du monde entier pendant la longue suite des siècles. U n'y a que le tout qui soit intelligible, et le tout est trop vaste pour être vu de p^ès^ » Ainsi, «toute la nature parle de vous, Seigneur, et retentit de votre saint nom; mais elle parle à des sourds, dont la surdité vient de ce qu'ils s'étourdissent toujours eux-mêmes... Si vous étiez un corps stérile, impuissant et inanimé, tel qu'une fleur qui se flétrit, une rivière qui coule, une maison qui va tomber en ruines, un tableau qui n'est qu'un amas de couleurs pour frapper l'imagination, ou un métal inutile qui n'a qu'un peu d'éclat, ils vous apercevraient et vous attribueraient follement la puissance de leur donner quelque plaisir, quoique en effet le plaisir ne puisse venir des choses inanimées qui ne l'ont pas, et que vous en soyez l'unique source*. » Ces paroles ne sont guère qu'une transcription, maïs une transcription émue des paroles mêmes de saint Augustin. Tout en justifiant la Providence, Fénelon se refuse d'ailleurs, contrairement à Malebranehe, à admettre que le monde créé de Dieu soit le meilleur qu'il se pouvait. Car, « qui oserait dire qu'il y a un degré précis et
1. Œuvres philosophiques,^, SS; De V Existence de Pieu, ^ip%ri., chap. III.