‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 484 sur 539 · Ibid., ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid., ibid,, p

5. Ibid., ibid,, p. 286; Lettres sur la Métaphysique ^ lettre vi.

INFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVll® SIÈCLE. 249

« Il s'agit, écrit-il, de démonter rhomme, de dégrader le moi, de brisercette idole, de former un homme nouveau, et de mettre Dieu en la place du moi, pour eo faire la source et le centre de tout notre amour*. » C'est bien là TAugustinianisme qui a produit le Jansénisme. Il deviendra chez Fénelon, une des sources du Quiétisme^. « L'esprit, poursuit Fénelon, s'il était sans passion, sans orgueil, sans mauvaise volonté, irait simplement à reconnaître que nous ne nous sommes pas faits, et que nous devons le moi qui nous est si cher, à celui qui nous l'a donné : mais il faudrait sortir des bornes étroites de ce moi pouf entrer dans l'infini de Dieu, où nous ne nous aimerions plus qu'en notre rang pour l'amour de lui*. » Cette union de l'homme avec Dieu, ce détachement de soi-même, qui va jusqu'à sortir du moi pour entrer dans l'infini, n'est-ce pas un germe clairement marqué du faux mysticisme ou du pur amour? Il est si vrai que Fénelon a cru dériver, du moins en partie, cette doctrine de saint Augustin, qu'il n'y a pas d'autorité qu'il oppose plus volontiers eu cette matière à Bossuet, tandis que Bossuet à son tour, d'ac-

\. Œuv, phil., p. 220 ; lettre ii. L'abaissement, l'abolition, l'anéantissement du moiy tel est aussi le thème perpétuel que développe dans ses Lettres Spirituelles l'archevêque de Cambrai, m Soyez un vrai rien en tout et partout, écrit-Il... Mais il ne faut rien ajouter à ce pur rien. C'est surle rien qu'il n'y a aucune prise. Il ne peut rien perdre. Le vrai rien oe résiste jamais, et il n'a point un moi dont il s'occupe. Soyez donc rien,etrien au delà; et \ous serez tout sans songer à l'être. > Lettres spirituelles , publiées par M. de Sacy; 3 vol. in-18, 1856. t. H, p. 149, lettre CLXV.

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