‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 487 sur 539 · rbid., t. .XXV, p. S7 ; Logique, Iiv. I, chap. xxxvii · texte numérisé non relu

rbid., t. .XXV, p. S7 ; Logique, Iiv. I, chap. xxxvii

c'est par Augustin qu*il interprète Platoo, ou mieux encore, qu'il le corrige. Platon, en effet, n'a-t-il, en aucun cas, donné lieu de croire qu'il se figurait les Tentés éternelles comme des essences éternelles hors de Dieu? Or, Bossuet, dans une pareille conception, ne voit « qu'une pure illusion qui vient de n'entendre pas qu'en Dieu comme dans la source de l'être, et dans son entendement; où est l'art de faire et d'ordonner tous les êtres, se trouvent les idées primitives, ou, comme parle saint Augustin, les raisons des choses étemelle* ment subsistantes ^ »

3"" Bossuet, qui, pour s'élever à la notion de Dieu, emprunte à saint Augustin « la démonstration de ce qui est immuable, de ce qui est éternel, de ce qui est parfait, antérieur à ce qui n'est pas, à ce qui n'est pas toujours le même, à ce qui n'est pas parfait *; » Bossuet suit encore de plus près l'évéque d'Hippone et souvent même, tout eu l'imitant, le surpasse par l'éloquence, la discrétion, la solidité, dans ces admirables Élévatioîis sur les Mystères^ où il prend à tâche de pénétrer la nature du Dieu triple et un, en même temps que d'expliquer le secret de la création de l'univers.

4® Dans son Traité de la Concupiscence^ Bossuet n'a fait autre chose que traduire, avec la magie du langage qui lui est propre, le Dixième livre des Confessions. D'un autre côté, quoiqu'il ne distingue point, à l'exemple de l'évéque d'Hippone, la liberté qui consiste à choisir et celle qui consiste à vouloir ; ou encore, quoiqu'il

1. Œuvres complètes, t. XXV, p. 38; Logique^ Hv. 1, chap. zxxvii.

2. Ibid., t. V, p. 2 el 8Ui?.; Première Semaine, V^ et 11* ÊlévaUons.

professe résolument d'après saint Thomas la théorie de la prémotion physique, il admet avec Augustin la certitude immédiate, indiscutable, de la liberté prise en elle-même, et dans son Traité du Libre Arbitre^ emploie des arguments tout augustiniens afin d'accorder la liberté avec la prescience de Dieu^ Il convient même d'observer que dans les termes au moins il surpasse son maître, lorsqu'il professe, avec la modération suprême du génie, « qu'il faut, pour ainsi parler, tenir toujours fortement comme les deux bouts de la chaîne, quoique on ne voie pas toujours le milieu par où l'enchaînement se continue^. » Ajoutons d'ailleurs que Bossuet prétend né pas suivre d'autres voies que celles mêmes qu'a tracées saint Augustin pour concilier avec la grâce le libre arbitre. <& Après tout, écrit-il dans le Mémoire sur la Bibliothèque ecclésiastique de Dupin^ de quoi s'agit-il ? Il s'agit de savoir à qui il faut demander la grâce de bien faire, à qui il faut rendre grâce quand on a bien fait ; il s'agit de reconnaître que Dieu incline les cœurs à tout le bien par des moyens très-certains et très-efficaces, et de confesser un pareil besoin de ce secours, tant dans le commencement des bonnes œuvres, que dans leur parfait accomplissement : il s'agit de reconnaître que cette grâce que Dieu donne dans le temps, a été préparée, prévue, prédestinée de toute éternité : que cette prédestination est gratuite à la regarder dans son total, et présuppose en Dieu une prédilection spéciale pour ses élus. Yoilà l'abrégé de la

1. Œuvra complètes, t. XXU, p. 273-305, Traité du Libre Arbitre, chap. iv-x.

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