‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 489 sur 539 · Œwrtê eomplèteM, t. XIX, p. p · texte numérisé non relu

Œwrtê eomplèteM, t. XIX, p. p

2. Jbid,, t. XIV, p. 88 ; Deuxième Àperiiêsemeut tmr Ut ietires ée M, Jurieu, xii.

S. Ibid., p. 702 et suiv.. Ht. XII, XXXIV, XXXV. 4. Ibid,t t. III, p. 13 ; Avertissement sur te Livre des Réflexion» ralM, § V.

ment dans ceux qui persévèrent actuellement, qu'ils soient fléchis et persuadés par un attrait invincible. C'est, encore un coup, le grand mystère de la grâce, qu'à même temps que les justes qui persévèrent, doivent leur persévérance à une grâce qui leur est donnée par une bonté particulière, ceux qui tombent ne puissent se plaindre que le plein et parfait pouvoir de persévérer leur soit soustrait. Il importe que la liaison de deux vérités si fondamentales soit impénétrable à la raison humaine, qui doit entrer dans une raison plus haute, et croire que Dieu voit dans sa sagesse infinie les moyens de concilier ce qui nous parait inalliable et Incompatible. Apprenons donc à captiver notre intelligence pour confesser ces deux grâces, dont Tune laisse la volonté sans excuse devant Dieu, et Tautre ne lui permet pas de se glorifier en elle-même*. » S"" C'est , au contraire , de toutes pièces, que Bossuet emprunte à saint Augustin sa philosophie de Thistoire. Ébauchée dans les Oraisons funèbres^ où Tévêque de Meaux décrit, à la manière de Tévêque d'Hippone, l'intervention de la Providence dans les événements humains; cette philosophie prend corps dans h Discours sur r histoire universelle. Assurément, cette composition est faite de main de maître et on y voit briller à chaque page Tempreinte d'un génie qui s'appartient. Cependant la conception qui l'anime est tout augustinienne. Que se propose effectivement Bossuet en rédigeant cetouvrage? aDe considérer, dans l'ordre des temps, lasuitedu peuple de Dieu et celle des grands empires^ deux choses

I. Œuvres complètes , t. UI, p. 6; Avertissement sur le Livre des Réflexions morales, § YI.

qui roulent ensemble dans ce grand mouvement des siècles, où elles ont, pour ainsi dire, un même cours' »

Et, partant de ces données, quelle est sa doctrine? (( C*est que TÉglise sera sur la terre toujours immuable et invincible, jusqu^à ce que ses enfants étant ramassés, elle soit tout entière transportée au ciel , qui est son séjour véritable. Pour ceux qui seront exclus de cette Cité céleste , une rigueur éternelle leur est réservée *. » Oubliez Rome, les païens et les barbares ; tenez compte de la différence nécessaire des détails et des temps, et dans le Discours sur V histoire universelle vous avex mot pour mot le livre De la Cité de Dieu.

6^ A la philosophie de Thistoire que développe Bossuet, se relie d'une manière étroite la politique qu'il adopte. Car, suivant lui, «il n'y eut jamais une plus belle constitution d'état que celle du peuple de Dieu*.» En politique donc, de môme qu'en histoire, moins chimérique, mais aussi d'un esprit moins dégagé, moins étendu et moins pénétrant que Fénelon, son rival de gloire*; imité à son tour par son modeste et savant collaborateur Fleury ^ ; le précepteur du Dauphin, le conseiller d'État de Louis XIY suit pas à pas les errements de saint Augustin. Comme lui, ayant dessein de confondre a ceux qui croient que la piété est un affaiblis-

1. Œuvres complètes ^\. XXUl, p. 114; Première partie. Les Époques ^wi.

2. Ibid, , ibid. , p. 32G ; Seconde partie^ la Suite de la Religion , xxxi.

3. Ibid., ibid. , (. XXV, p. 1G6; Politique tirée des propret pa^ rôles de VEcriture Sainte, au Dauphin,

4. Voy. Ramiay; Essai philosophique 9ur le Gouvememeni civile Londres, 1721, in-12.

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