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de son système. Signalons les emprunts principaux qu'il lui a faits.
1^ L'auteur de la Théodicée approuve particulièrement cette proposition auguslinienne , dont il s'est lui-même si fréquemment servi, laquelle poi*te que de la substance de Dieu il ne peut sortir qu'un Dieu, et qu'ainsi la créature est tirée du néant. C'est ce qui la rend imparfaite, défectueuse et corruptible. Le nûd ne vient pas de la nature, mais de la mauvaise volonté ^ Le mal n'est point une substance, mais une négation, ou une privation. Sa cause est déficiente, non efficiente^. Le mal ne vient donc pas de Dieu. Car Taction de Dieu va au positif^.
2"* Leibniz qui distingue en Dieu avec saint Augustin une volonté antécédente et une volonté conséquente, établit fortement, à la suite de l'évêque d^ppone, d'une part, que sous un Dieu juste personne ne peut être malheureux, s'il ne le mérite ^ ; d'autre part,
1. Dulens, 1. 1, p. 336 ; Tentaminum TheodiernSy Pars \\i, 283.
2 . Ibid, , ibid, , p. 4 1 0 ; Epitome Controversix ad syllogitmos redaetM, V. Objectf elp. 141 ; Tentaminum Theodicxx, Pars 1,^9-^0.
3. Ibid,^ ibid, Cr. Grolerend » Discours de Métaphysique ^ à la suite de la Correspondance avec Arnauld, « Dieu n'eat pas la cause du mal. Car non-seulement après la perte de riunocence des hommes le péché originel s'est emparé de VUrne , mais encore auparavant il y avait une limitation ou imperfection originale conaturelle à toutes les créatures,
qui les rend peceables ou capables de manquer Et c'est à quoi doit
se réduire, à mon avis, le sentiment de S, Augustin et d'autres auteurs, que la racine du mal est dans le néant , c'est-à-dire dans la priTaUon ou limitation des créatures , à laquelle Dieu remédie gracieusement par le degré de perfection qu'il lui plaît de donner. »
4. Dutens, 1. 1, p. 332, 333, 336, Tentaminum Theodicsue, Pars m, 275, 276, 284.
INFLDEtfCE DE S. ÀDGnSTlM AU XVU* SIÈCLE. 279
que Dieu ne permettrait pas le mal et surtout n*y concourrait pas, si sa parfaite sagesse ne s*en servait pour ses fins et n*en tirait le bien. D'une manière générale, on peut dire que l'optimisme .de Leibniz repose sur un fond de philosophie tout augustinien.
3^ Leibniz qui signale « les bonnes réflexions qu*a faites saint Augustin, sur la certitude morale dans son livre De Utilitate credendi\ et qui doit peut-être au Traité de la Musique sa théorie des idées latentes* ; Leibniz se plaît surtout à célébrer dans Tévéque d*Hippone le Platonicien. Suivant lui, c'est grâce à son initiation au Platonisme que l'incomparable évêque a comme entrevu la nature de la substance, et compris la vraie nature des idées. « Dieu, décrit Leibniz, est 4 l'esprit ce que la lumière est aux yeux. C'est là cette divine vérité qui luit au dedans de nous-mêmes, comme Ta tant de fois répété Augustin et avec lui Malebranche^. » « 11 semble, écritril encore, que Platon parlant des idées, et saint Augustin parlant de la vérité, ont eu des pensées approchantes de celles de Malebranche, que je trouve fort raisonnables... Et, bien loin de dire avec l'auteur de la réfutation, le P. Dutertre^, que le système de saint- Augustin est uo peu infecté du langage et des opinions platoniciennes, je dirais presque qu'il en est enrichi et qu'elles lui donnent du relief^. »