Cf. Augustinufl, De Musica, lib. VI, cap. iv
3. Dutens, t. H, p. 224, Epistola ad Hanschium^ de Philoiophia Platonica, sive de Enthusiasmo Platonico (1707).
4 . Dans sa Réfutation d*un nouveau système de métaphysique jproposé parleP^M , auteur delà Recherche de la Vérité^ 1715. 8 vol. ln-12.
&. Dulens, I. U, p. 216, Lettre à M(mtmort{nib).
Il serait facile, mais certainement superfUi^ de cueillir dans les œuvres de Leibniz nombre d*autres citations qui prouveraient combien il s'était pénétré des principes augustiniens. Ajoutons seulement que de tous les écrits de saint Augustin, c'est la Cité de DieUj qui semble avoir inspiré au philosophe de Hanovre le plus d'admiration '•
Leibniz d'ailleurs clôt cette ère glorieuse de spéculation pure où, en l'absence de liberté politique, l'activité humaine s'était concentrée avec une puissance prodigieuse dans les mathématiques, la théologie, la métaphysique. L'âge suivant a d'autres préoccupations et ses ^sées deviennent toutes pratiques. Aussi, malgré les controverses qui s'agitent encore autour de cette grande mémoire d'Augustin, et en dépit des doctes travaux de Dom Ceillier^, l'évéque d'Hippone reste à peu près complètement discrédité au dix-huitième siècle.
Tandis que Polignac, Gerdil, Massillon ne font que le mentionner. Voltaire qui lui dérobe les plus fines parties de son article Mémoire le traite de sophiste, et Rousseau l'appelle rhéteur; « tout en imitant sa passion et sa logique', d Quant à Montesquieu, il soupçonne à peine cette sublime intelligence^ ; et il faut aller jusqu'à
1. Dulens, t. VI, p. 244,LeUre v, àThomas Bumer (1696P) Cf.Kortholt, Leibnitii Ephtolm addiversos, Lipsix^ 1734,4 yol. in-l2 ; t. II, p. 190 et 232 , Traité sur quelques points de la religion des Chinois,
2. Histoire générale des Auteurs sacrés et ecclésiastiques ^ 17 2^17 63 , 23 vol. in-40.
3. Ml Villemain, Tableau de l'Éloquence çhréiienae ok guturiémM siècle y S, Augustin,
4. Cf. Esprit des Lois, liv. XXVI , cbap. v ; Grandeur et Dé0a4€me^ des Romains^ chap. xix.
liNFLUENCE DE S. AUGUSTIN AU XVII* SIÈCLE. 175
Yico pour trouver un penseur qui ait puisé profondément aux sources augusliniennes. Ce fut en effet en réfléchissant sur Taccord nécessaire de la grâce et de la liberté, que Fauteur de la Science Nouvelle en vint à croire que le développement de la société doit être, comme le cœur humain, soumis à une loi constante, universelle et divine, dont Tapplication variable dépend de rinstable volonté de Thomme; espérant dès lors n découvrir au droit naturel des gens nn principe immortel. » Sa conception d'une république étemelle et naturelle^ la meilleure possible dans chacune de ses' espèces et ordonnée par la Providence divine^ n'est qu*une application ou une transformation savante de ridée mère de la Cité de Dieu.
Beaucoup plus près de nous, M. Ballanche, dans l'exposition de ses rêveries palingénésiaques;M. Frédéric Schlegel dans sa Philosophie de l'Histoire s'inspirent de saint Augustin^. De leur côté, M. de Chateaubriand, dans le Génie du Christianisme, M. J. de Maistre, dans les Soirées de Saint-Pétersbourg, reproduisent quelquesunes de ses pensées les plus éclatantes ou les plus subtiles, sur la théorie de l'expiation, par exemple, la dé-