I. M. RoyeivCollard
couvre avec la spiritualité de l'âme rexistence de Dieu, c'est-à-dire les fondements de la métaphysique.
Saint Augustin, au contraire, ne va point, dans la considération de son propre être, au delà du fait de son existence personnelle. Ce lui est assez d'avoir trouvé une certitude invincible à l'Académie. Il ne songe aucunement à élever le doute à la hauteur d'un procédé général de la connaissance, non plus qu'il ne s'avise de tirer de la certitude de la conscience les conséquences abondantes qui y sont renfermées. Bref, le doute est chez lui un épisode de l'histoire de sa pensée, tandis que chez Descartes il constitue la doctrine même.
Toutefois combien, d'un autre côté, saint Augustin ne reste-t-il pas supérieur à Descartes par le sentiment, par l'élan, par son avidité inextinguible du vrai ! Certes, le grand esprit de Descartes n'était pas incapable d'éprouver de l'enthousiasme pour la vérité. Lui-même a eu ses ravissements, ses extases \ et ce n'est pas sans émotion, par exemple, que parvenu à démêler au plus profond de l'âme l'idée de Dieu, a il juge à propos de s'arrêter quelque temps à la contemplation de ce Dieu tout parfait, de peser tout à loisir ses merveilleux attributs, de considérer, d'admirer et d'adorer l'incomparable beauté de cette immense lumière ^. n
t. Voy. La Vie de M, Descartes ^ par Baillet, livre second ^ chap. i. c M. Descaries nous apprend que le dixième de novembre mil six cent dix-neur, s'étant couché tout rempli de son enlhonsiasme , et tout occupé de la pensée d* avoir trouvé ce jour^là les Jondements de la Science Admi' rable , il eut trois songes consécutifs en une seule nuit , qu'il s'imagina ne pouvoir Être venus que d'en haut. »