‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 505 sur 539 · Liber de Pnedestinatiotie Sanctorum, c«p. m · texte numérisé non relu

Liber de Pnedestinatiotie Sanctorum, c«p. m

« Si dans les livres sur le Libre Arbitre que j'ai commencés étant laïque, et continués une fois prêtre, j'ai montré encore quelque hésitation sur la damnation des enfants qui ne renaissent pas de nouveau par Jésus-Christ et sur le salut de ceux qui renaissent de nouveau par Jésus-Chrisl, personne, j'imagine, ne sera assez injuste et envieux, pour me contester le bonheur d'avoir profité et déclarer que je devais rester dans la même incertitude * . »

Certainement, nous n'envierons point à saint Augustin, comme s'exprime Bossuet et comme saint Augustin s'exprime lui-même, le bonheur d'avoir profité en étudiant. Mais ce qu'il convient à saint Augustin et à Bossuet d'appeler un progrès, n'en est pas moins un changement. Tout ce qu'étabUssent les textes, c'est que ce changement s'est accompU avant l'apparition du Pélagianisme. Il reste que saint Augustin, chrétien, que saint Augustin , même prêtre , n'a pas entendu les rapports de la grâce divine et de la liberté humaine de la même manière que saint Augustin évêque.

D'autre part, et alors même qu'on aurait prouvé que les principales évolutions de la pensée d'Augustin relativement à la nature du libre arbitre, sont antérieures à sa lutte contre Pelage, comment nier que ce ne soit précisément à l'occasion de sa polémique avec le

1, Liber de Dono Perseverantiae , cap. xii. Cr. Ibid,, cap, xxi. « Et ego quidem iu illo libroy cujus est titulus^ De Correplione el Gratta , qui tufficere non potuit omnibus dilectoribus nostris^ puto me ita pOêtUsêe donum Dei esse , etiam perseverare usque in finem , ut hoc antea , si me non fallit oblivio , tam expresse ntqne evidenter, vel nusquam vel pcne nusquam scripserim, û

moine breton, que saint Augustin ait formulé, en toute rigueur, sa doctrine de la grâce ?

Sans doute encore il va de soi qu'à dater de sa conversion, Augustin a constamment reconnu la nécessité de la rédemption par le Médiateur. Toutefois, n'est-ce pas expressément en réfutant Pelage, qu'il a développé sa théorie de la réhabilitation par la grâce prévenante, gratuite, justifiante, triomphante , c'est-à-dire par la grâce qui est prédestination? Et dès lors, ne doit-on pas appréhender que chez l'homme ne succombe le libre arbitre? Aussi, les Pélagiens pouvaient-ils, non sans quelque fondement, objecter qu'Augustin , en déclarant la nature humaine foncièrement corrompue, revenait, comme par un détour, au Manichéisme qu'il avait quitté. Effectivement, après avoir soutenu contre les Manichéens que l'homme est capable d'accomplir le bien et le mal, l'évéque d'Hippone nie, à l'encontre des Pélagiens, que l'homme puisse par lui-même opérer le bien. A ce compte, c'est une remarque de Beausobre', il ne paraît guère différer des Manichéens que sur l'origine de la servitude du libre arbitre. Car il attribue cette servitude à la corruption que le péché originel a introduite dans la créature, au lieu que les Manichéens la rapportaient à une qualité mauvaise et étemellement inhérente à la matière.

Incontestablement donc, et Fénelon n'a pas craint de l'avouer^, les enseignements augustiniens, en fait de libre arbitre, n'of&*ent point une véritable et complète

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