I . /m JoaHuis EvaHgeiiMm, Tractatut XXVI , cap. vi
leur libre arbitre, peut-être sera-t-il malaisé d'y répondre; car comment attire-t-il, supposé quMI laisse chacun choisir ce qu'il voudra? Et pourtant Tun et Tautre est vrai. Mais peu de personnes ont la force de pénétrer ceci par rintelHgence. « Sed intellectu hoc petietrare pauci valent * . »
On doitTavouer, cette pénétration a manqué aux disciples les plus affectionnés d'Augustin, c'est-à-dire aui Jansénistes. Suivant eux, effectivement, la grâce n*est pas la grâce, la grâce suffisante ne suffit pas, si elle n'est efficace, et elle n'est pas efficace, si elle n'est irrésistible*.
Or, à ce compte, qu'est-ce que l'invincible délectation de la grâce , sinon une force qui nous délaisse fatalement, ou qui , après nous avoir attirés, nous entraîne fatalement? Et n'est-il pas tout simple que, sous l'empire d'une semblable idée , le sentiment d'amour que devrait exciter la grâce , se soit changé , au sein du Jansénisme, en un sentiment de crainte, presque en uji tremblement?
Fénelon, d'un autre côté, par une série de déductions inattaquables, allait jusqu'à comparer cette conception augustinienne de ia délectation avec la conception épicurienne du plaisir^.