Eiprit des Lois, liv. XXIV, cbap. fi
400 CHAPITBE III.
soDgeraient-ils à un établissement durable ? Et que leur importe une humaine et terrestre prospérité?
D'un autre côté, imbu à cet endroit des idées antiques, Téi^éque d'Hippone subordonne étroitement la maison à la cité, l'individu etlafamille àTÉtat. Et TËtat, dans son langage, ou du moins dans sa pensée, c'est, avant tout, TÉglise.
Mais il faut descendre aux détails et se donner l'instructif spectacle des erreurs où les préoccupations inopportunes du dogme, de désolantes circonstances, des principes mal assortis ont précipité cette grande intelligence touchant les plus importants objets delà politique : la propriété, l'esclavage, l'origine et le rôle du pouvoir.
Et d'abord, rien n'est plus abstrait tour à tour ou plus précaire que le fondement sur lequel Augustin asseoit la propriété. Premièrement, il la considère comme une dérivation du droit divin, de telle sorte que nul n'est propriétaire que par une sorte de délégation de Dieu. Mais, prenez garde à ce qui suit. Nul n'est le délégué de Dieu et du vrai Dieu, que celui qui lui obéit. Augustin posera donc ce principe, dont il ii.'a pas prévu, dont assurément il eût répudié les applications, et que Barbey rac qualiiie justement d'abominable, à savoir qu'en vertu du droit divin tout est aux justes ou aux fidèles, et que les infidèles ne possèdent rien légitimement ^
11 est vrai que subséquemment et par une espèce d'accommodement, révéque^d'Hippone semble corriger