‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 516 sur 539 · Cf. Barbeyrac , Traduction de Pufendorf, p · texte numérisé non relu

Cf. Barbeyrac , Traduction de Pufendorf, p

DE Là POUTlQt'E. 401

quelque peu la dureté inouïe de ces maximes. Car il fonde subsidiairement la propriété sur le droit humain, dont il voit dans le prince le dispensateur. Et c*en est assez pour que le défenseur de sa doctrine, Dom Ceillier, croie répondre victorieusement à Barbeyrac : « Il n'y a de possession légitime que celle des biens dont on use bien. Les lois n'en tolèrent pas moins la possession par les méchants*. » Étrange explication, et qui redouble Terreur au lieu de rallénuer. Quoi! c'est l'usage qui légitime la propriété , et non pas la propriété Tusage! L'usage est le principe de la propriété, et non pas sa conséquence! Tant s'en faut que l'usage, ou même le bon usage, fonde le droit de propriété, que toutes les fois qu'on a voulu donner une idée nette de ce droit, on Ta défini le droit d'user ou dabuser. Qu'est-ce, d'autre part, qu'un droit que les lois tolèrent, surtout lorsque ces lois, comme l'enseigne Augustin , dépendent de la volonté du prince , ou môme ne sont autre chose que cette volonté? Manifestement, il manque à un tel droit ce qui constitue l'essence même du droit, la permanence et l'inviolabilité. Ajoutez que le prince, qui crée eu quelque façon le droit, ayant, d'aulre part, le devoir de combattre les hérétiques, ne souffrira guère que les hérétiques soient propriétaires. Ainsi, voilà entre les mains du prince un infaillible instrument de confiscation ! Majs n'insistons pas sur les tristes effets p^^ d'une théorie au premier abord inoffensive. Augustin a ^^

confondu ici des idées fort différentes, le droit naturel de propriété et le droit civil ou politique, qui n'est que

1. Apologie de la Morale des Pires de l'Église, contre les injustes accusations dn sieur Jean Barbeyrac; Pari<i, 1718, in*4*, p. 419 et suiv.

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