‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 518 sur 539 · Discours contre ta toi sur te sacrilège · texte numérisé non relu

Discours contre ta toi sur te sacrilège

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pour prêcher TEvangile? Quelles puissances leur ont aidé à annoncer Jésus-Christ, et à faire passer presque toutes les nations de ridoifttrie au culte de Dieu ? Saint Paul formait-il TÉglise de Jésus-Christ par des édits de Tempereur ? Se soutenait-il par la protection de Nénn, de Vespasien ou de Décius, dont la haine a relevé le lustre de la doctrine céleste?... Maintensuit , hélas ! les avantages humains rendent recommandable la foi divine, et, cherchant à autoriser le nom de Jésûs*Christ, on fait croire qu'il est faible par lui-môme. L'Église menace d'exils et de prisons et veut se faire croire par force, elle qui s'est fortifiée dans les exils et les prisons ! EDe se glorifie d'être favorisée du monde , elle qui n a pu être à Jésus-Christ sans être haie du monde !... Yoili TËglise, en comparaison de celle qui nous avait été confiée, et que nous laissons perdre maintenant. »

Ainsi parlait, au quatrième siècle, le saint évéque de Poitiers. Qui ne préférerait ici son langage à celui de révéque d'Hippone ?

£t, néanmoins, d'une politique fausse et faussée, Augustin a su plus d'une fois, par une pénétration supérieure, par l'élan d'une grande àme, par le« inconsé* quences heureuses que l'esprit du Christianisme imposait à sa logique, s'élever à des vues éternellement vraies, que l'antiquité ne soupçonnait que vaguement, et qui même, au cinquième siècle de notre ère , avaient encore à gagner en précision et en étendue.

Ainsi, je ne louerai point Tévêque d'Hippone d*avoir reconnu la nature éminemment sociable de Thomme. C'est une vérité de fait que les sophistes ont pu seuls mettre en question et que les anciens avaient maintes

fois exposée avec une pleine lumière. Je ne signalerai pas davantage comme digne de remarque qu'Augustin ait aperçu Tintime solidarité des rapports qui unissent la famille, la cité et Tunivers. Ce sont encore là des données antiques. Ce qu'il convient de remarquer chei saint Augustin, c'est Taffirmaiion toute chrétienne qui porte que d'un seul homme sont sortis tous les hommes, ou, en d'autres termes, cette doctrine de l'unité de race , que confirment de nos jours les représentants les plus autorisés de la science ^ Ce par où il excelle, c'est parles détails d'analyse que lui suggère l'étude de chacun des éléments de la société humaine, pris en particulier.

On a parfois réprouvé, comme une contradiction do la nature, la rigueur de certains préceptes du Chris* tianisme. En affectant de les confondre avec un ascé* tisme insensé, on n'a point assez observé qu'il ne fallait rien moins que des maximes d'une austérité presque violente, pour réagir efficacement contre la monstruosité des désordres païens. Tels sont, entre autres, les préceptes relatifs à la virginité. Tout en glorifiant cet état, de même que le glorifie l'Église, Augustin est bien loin néanmoins de condamner le mariage^. Au contraire, il en établit la saintetéé S'il maintient l'autorité du père sur les enfants, il la distingue profondément du despotisme antique qui faisait de l'enfant la chose du père. S'il veut que la femme soit soumise au

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