‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 520 sur 539 · C. Ibld,, ibid.,\KUO. 7. Ibid , ibid., p · texte numérisé non relu

C. Ibld,, ibid.,\KUO. 7. Ibid , ibid., p

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Comme la considcratio:i de la famille, la considération de la Cite et de TÉtat suggère à saint Augustin les réflexions les plus sensées et les plus généreuses. Tout en proclamant, quoiqu*il l'explique mal, le droit de propriété ; tout en distinguant même la charité de la justice, il combat Taxarice avec Téloquencesi familière aux Pères en un semblable sujet. A l'exemple des Pères aussi, il réhabilite le travail, qu'avait avili Tantiquité. D'autre part, les chrétiens ne doivent pas, suivant lui, Icllement s'adonner à la spéculation, qu'ils négligent los devoirs de la vie civile ou politique. En leur reconnaissant le droit de désobéir au prince qui ordonnerait ce que défend la loi de Dieu^ il affirme la liberté de conscience, encore qu'il prêche en tout le reste une absolue et passive obéissance. Et en vertu du même principe, il prépare, bien qu'il lait lui-môme méconnue ou ignorée, la distinction capitale de l'Église et de TËtat. Ennemi de toute fraude, il repousse aussi bien que le probabilisme, le mensonge officieux ; et son cœur émouvant sa raison, il devance, en partie, à une époque encore barbare, les modernes réformes du droit, alors qu'il proteste énergiquement contre la torture que l'on inflige à l'accusé. S'il admet la nécessité de la guerre, il lui assigne pour but la paix, non la conquête. Après avoir eu le tort de confondre la morale et la poHtique, il insiste avec opportunité sur leurs rapports : car il enseigne que la justice seule assure la prospérité des États, parce que seule elle crée leur force véritable. Toute autre prospérité est par lui réputée factice, et l'imagination remplie des misères qu'étalait depuis longtemps le monde romain en décropiiude, il nous met sous 1rs yeux la par-

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bute et înslniclîfe image d'un Étal earrompu. Cc^t dans la jostîce et daas la pratique de la josliee par la religion, qa*il troore ranqae remède à cette dissalutioo.

Il en est d*ailkarsy pour rérâque d'Hi^ooe, des princes comme des peiçles.

€ Quand il serait inutile, écrifait Montesqmea, qœ les sujets eussent une religic», il ne le serait pas que les princes en eussent, et qu'ils blanchisseot d*écume le seul frein que ceui qui ne craignent point les lots humaines puissent a\oir.

L'd prince qui aime la religion et qui la craint est un lion qui cède à la main qui le flatte ou à la Toix qui l'apaise ; celui qui craint la religion et qui la hait est comme les bêles sauvages qui mordent la chaîne qui les empêche de se jeter sur ceux qui passent; celui qui n'a point du tout de religion est un animal terriUe qui ne sent sa liberté que lorsqu'il déchire et qu'il dévore * . »

C'est aussi le sentiment de saint Augustin. 11 veut que la puissance du prince soit tempérée par ses devoirs, et fait de la justice ou de la religion du prince l'essentielle condition de son bonheur. Ce n'est plus même le roi philosophe, dont Augustin, à la suite de Platon, se complaît à retracer l'idéal ; c'est le roi chrétien. L'antiquité lui offrait l'austère figure de Marc- Aurèle ; sa belle âme imagine déjà les traits touchants de saint Louis.

Enfin, ce n'est pas dans l'étroite enceinte de la Cité

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