II
mêleront pour réteroité dans la vie future. La rédemption ne profite qu'aux élus; elle n'édifie que la Gté du ciel. Elle ne guérit point la blessure que le péché a faite au genre humain, et d'où est résulté uo dualisme désormais irréductible.
Il faut ici Tobserver de nouveau. Ce n'était pas sans aucune espèce de motif, que les Pélagiens reprochaient à l'évoque d'Hippone de ne s'être point complètement dégagé des imaginations du Manichéisme et d*y revenir toujours par quelque endroit. La conception des deux Cités ne rappelle-t-elle pas en effet l'opposition Bfanichéenne du bien et du mal, du principe bon et du prin* cipe mauvais? Peut-être même est-il permis d'avancer que l'opposition gnostique des spirituels et des charnels, des pneumatiques et des psychiques, ou encore l'opposition antique des citoyens et des barbares se trouvait secrètement présente à l'esprit d'Augustin. Dans cette intelligence ouverte à toutes les idées, quoique souverainement dominée par le dogme, luttaient, à son insu, les influences hétérogènes d'une époque de transition. Aussi, sous une apparente rigueur, ses écrits recèleoir ils parfois de surprenantes disparates.
Augustin qui s'expose comme à une palpable incoo* séquence en voulant expliquer d'un seul coup l'origine et la fin des deux Cités, se jette dans une série d'hypo^ thèses insoutenables ou peu scientifiques, lorsqu'il s'agit de déduire leurs développement^.
Effectivement, il subordonne tonte l'histoire profane à l'histoire sacrée, les destinées de tous les peuples aux destinées du peuple de Dieu, tous les événements du monde à ceux du Christianisme. Et il établit cette su-
bordination de la façon la plus radicale et la plus tranchée. De même que dans Toppositioû du bien et du mal, il n'admet ni degrés ni nuances ; de même qu*il distingue absolument deux vies, une yie antérieure au Christianisme et une vie chrétienne ; de même il partage toute l'histoire en deux périodes , dont la première a préparé Tavénement; dont la seconde sera le triomphe de l'Évangile. Or, on conviendra qu'à entrer dans le détail des faits , cette doctrine, qui est vraie au fond, ne laisse pas que d'avoir ses obscurités. Augustin néanmoins n'essaye pas même de la justifier. Au contraire, la mettant invariablement au-dessus de la controverse, il marche d'assertions en assertions et d'hypothèses en hypothèses. Car, après tout, si l'apparition de TÉvangiie marque le point central des choses , il reste à nous apprendre quand, suivant quelles lois, se dénouera ce grand drame qu'on appelle l'histoire, et aussi à indiquer quelles ont été les péripéties de la préparation.
Sur la première question , Tévéque d'Hippone demeure à peu près muet. Et assurément, on ne peut qu'applaudir à la réserve où il se tient relativement à l'époque de la fin du monde, qu'il avoue ignorer ^ Mais il n'en va pas de même de son ignorance des lois qui président à l'enchaînement des événements humains.
1. EpUlolu CXCVII, Hcsychio Sahnitano epiicopo [MB), a Si quid pro meritis potioribus, sanctx humilitati cordis tui Dominas meliut revelavit sive revelaveril [ De Danieli* Hebdomadibus et advenlu Chritli futuro ] , peto nobiscum êotnmunicare digneris , et httc nottra reseripla sic acciperey tanquam hominis^ qui mallem quidem eorum quss a me itt" quîsistif habere scientiam qnam ignorantiam ;• sed quia id nondum potui^ magis eligo cmitam ignorantiam confiteri , quam falsam scientiam pro^ fyeri, » Cr. Mpiitola CXCIX , Di firb seculi , Uesyehio (4 1 9).
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Méçi^ ^mtt 4i«aia. Ptumpioi imyaip^? Et é» ^{iieik rtimiû^m ^ ffetisniliiier màna jppnunsitÎMfliuat la 4«ir^ ? r: ne ^wle ^moét^ i& deroièie, a é^ pins fhaé tf^. Wn^iU'A '\0» aitfrv» périodes prises ciiiTin«hif> Doù vi#^m im^ priff^Ule (fisproportioa? Et eooibii^ cette péfM^, 46it-Mk d^^ eneoret A iMtes ces «fiffieuhéâ, f^'^(r(»f^^»U» ^ ^>n âT.'itèt&e, Augustin ii*oppo!ie que de
Mm'm il pM une objectiao plus grafe encore et que Vht^t^m /rifîppone ii*a pas même abordée, ou du mcins /(trii MippnrrK! plutAt qu'il ne la résout. Effectivemeot,