‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 525 sur 539 · DfOfflellê, t · texte numérisé non relu

DfOfflellê, t

DE LA PHILOSOPHIE DE l'hISTOIRE. 427

par ce motif même qu*il est homme ^ » — a Tout ce que tu vois, écrit de son côté Sénèque, tout ce que tu Tois et où sont comprises les choses divines et humaines, tout cela est un : nous sommes les membres d'un grand corps. La nature nous a créés membres d'une même famille, en nous engendrant d'une même origine et pour une même fm^. » Cependant, il ne faut pas s'y méprendre. Il y a loin de ce cosmopolitisme ancien, qui n'est guère qu'égoïste indifférence, vaine et pauthéistique déclamation , et chez des conquérants, affectation orgueilleuse de suprématie sur l'univers, à cette charité agissante, à cette doctrine d'égalité, d'amour, de sacrifice, qui, malgré les restrictions que lui imposent les circonstances, proclame la fraternité des hommes au nom de l'unité de race, d'une commune rédemption, d'une indivisible communauté de nature, d'origine et de fin.

Entendue de la sorte, l'idée de l'unité de l'espèce humaine doit être surtout rapportée aux Ecritures, qui enseignent que tous les hommes sont nés d'un seul homme, et qui dans la succession des empires nous apprennent à considérer non pas un jeu du hasard , jnais l'histoire même de l'humanité tout entière *. Le Christianisme a rendu ces notions populaires; il leur a inoculé comme un esprit dévie, et Augustin a certainement contribué à leur diffusion.

Enfin, il est une dernière idée, de beaucoup la plus

Page 1