‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 527 sur 539 · I. Virgitii ^Htil, lib · texte numérisé non relu

I. Virgitii ^Htil, lib

1. Cr. PeMéa de Paical, éJlt. Faugèrc, I. M du gBDi d'eiprit al ln\laililc aux rolr, aui riche cet grand* de chair. •

DE LA PUlLOS01*UIE DE l'jIISTOIRE. 429

nous plnçaDl à un centre de perspective où les lignes se ramassent, il révèle à nos regards consolés dans la Cité matérielle, si imparfaite et si misérable, la Cité intelligible; idéal que réalisent chaque jour davantage les élans de Thumaine activité. Enfin, sur les débris des Cités de la terre qui s'écroulent, il nous découvre Timpérissable Cité de Dieu qui s'édifie, et dont les futurs habitants forment ici-bas, en dépit du temps et de Tespace, la société universelle des hommes vertueux.

Arrivé au terme de ce travail sur hi philosophii saint Augustin, je voudrais, sans tomber dans les dites, le résumer, et, après en avoir rappelé les p cipaux traits , en arrêter les conclusions.

Comme toute doctrine, la philosophie de saiut gustin reste inséparable des circonstances qui TodI naître et du milieu dans lequel elle s^est produite. Ni problèmes qu'agite Tévéque d'IIippone et les soluti qu'il adopte , ni la formation de ses pensées , ou 1 influence , ni enfin les enseignements qu*il peut enc nous offrir; rien dans son œuvre, non pas même termes qu'il emploie, ne saurait se comprendre, si ne se reporte à cette société du quatrième siècle, qu s'est plu quelquefois à qualifier d'âge d'or du Chi tianisme, et qui n'était pourtant que la continuai d'une crise où l'esprit ancien et l'esprit nouveau livraient un décisif et dernier combat.

Il serait, en effet, également inexact et presque pi ril , soit de nier que le Christianisme se rattache i

des racines profondes aux âges qui ont précédé, soit de méconnaître qu'il ait été dans l'histoire une révolution unique et prodigieuse. Ainsi ceux-là, sans aucun doute, entendent mal le Christianisme, qui, n'y apercevant qu'un fait purement miraculeux, estiment que ses dogmes n'offrent rien de commun avec les doctrines philosophiques de l'antiquité.

Eh quoi! jusqu'à l'apparition du Christianisme , la raison n'aurait été pour le genre humain qu'un instrument d'erreur ! Tant de nobles préceptes , tant d'admirables maximes, qui font le trésor de la sagesse antique, devraient être réputés des mensonges , des emprunts déguisés ou des non-sens ! Tenir un pareil langage, ne serait-ce pas à l'avance discréditer, si elle pouvait l'être, la religion que l'on voudrait exaller ? Car sur quel fonds le Christianisme a-t-ilagi, sinon sur la nature humaine, corrompue, je Taccorde; déchue, je le veux; mais riche de son passé, et capable, par les énergies qu'elle recèle, de s'enrichir de l'avenir? Et, enfin, si cette action même a été féconde, n'est-ce pas que le Christianisme a su, d'une manière merveilleuse, dégager des systèmes leurs éléments impérissables; s'en assimiler le pur froment, en rejeter l'ivraie; concilier les vues divergentes ou contradictoires de l'intelligence humaine, en les ramenant à un type suprême d'unité et de vérité?

D'un autre côté, comment fermer les yeux aux splendeurs de cette œuvre manifestement plus qu'humaine ? Dès qu'ont brillé les lumières du Christianisme, la sainteté de la conscience devient inviolable ; l'immortalité rfest plus simplement un hasard qu'il soit beau de courir, une espérance dont il faille comme s'en-

4*j2 CONCLUSION.

chanter soi-même' ; Timmortalité acquiert toute la certitude d'un droit; les forces de la vie intérieure se décuplent; les sources de la moralité se reprennent i jaillir et se purifient. Restaurée de la sorte , Tâme humaine ne rentre plus pleinement en possession d'ellemême que parce qu'elle arrive aussi à une détermination plus claire de ses rapports avec Dieu. Pour les intelligences chrétiennes, ni dualisme, ni émanation, ni panthéisme. Le grand Pan est mort ^; partant , plus d'idolâtrie, a qui venait, au fond, de n'avoir pas bien connu la création '• » Créateur, le Dieu des chrétiens est personne et providence; il est terrible, mais il est la bonté même , car il s'est immolé pour ses créatures ; sa majesté ineffable ne l'empêche point de se communiquer à ses fidèles adorateurs. Il est le Dieu des ignorants , de même qu'il est le Dieu des savants ; il est le Dieu de ceux qui souffrent, plus encore que de ceux qui jouissent.

C'est pourquoi , en même temps que le Christianisme s'impose aux esprits d'élite par les idées, il corrige et entraîne les multitudes par la persuasion. En même temps qu'il instruit, il console et transforme les àmes^ en y propageant les bienfaisantes notions d'équité et d'humanité.

1. Platonis Opéra omma,edid. SUllbauDiius. Phxdo, p. 42, LXIU : xxXo; ^àp 6 xty^Gc, xal x9^ fà thtmxol ûairip iira^iiv iaurû.

Page 1