‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 529 sur 539 · I. MmUk., X. ai · texte numérisé non relu

I. MmUk., X. ai

pond par des cantiques aux caresses de son aïeul '. Naïve et charmante image de la société rajeunie, qui va remplacer une société décrépite ! Mais image tout idéale et trop bénigne d'une réalité affreuse, d'une lutte acharnée, d'un duel à mort! car la parole chrétienne ne fructifia que par le sang des chrétiens. Les premiers Pères furent les martyrs, « ces héros qui, sans armées, dit saint Ambroise, sans légions, ont vaincu les tyrans, adouci les lions , 6té au feu sa violence , et au glaive sa pointe^. »

GrAoe à cette éloquente prédication du sacrifice, trois vertus se développèrent dans les Ames , qui suffisaient à les restaurer : la chasteté, la charité , l'humilité.

Lorsque la chair corrompt ses voies , selon l'exprès* sion de l'Écriture, les esprits s'affaissent, la population s'amoindrit , les vices pullulent , et avec les vices tous les désordres politiques. C'est ce qu'avait compris le paganisme lui-même en instituant les Vestales. Gardiennes du feu sacré, symbole du foyer de la vie, les Vestales offraient une règle sensible de tempérance, et de santé par la tempérance. Toutefois, libres de leurs engagements à trente ans, comme il n'y avait pas perpétuité dans leur célibat , leur exemple n'était pas non plus d'une complète efficacité. Bien plus , cet exemple finit par disparaître , et de riches dotations ne purent empêcher qu'on ne désertât le culte de Vesta pour les autels de Vénus. Le débordement avait rompu toutes les digues.

Les Pères prirent donc à tâche de réhabiliter la chair

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