De V llnbillement des Femmes
yeux des hommes avec un visage de plâtre, et tout dé* figuré par le trop de blanc qu^elles y mettent; qui con-» servent sur leurs joues fardées les traces et les sillons des larmes qui leur échappent quelquefois malgré elles ^ y» Sous Tautorité de ces réprimandes, sous Tinfluence de ces âpres et salutaires exhortations, dont notre susceptibilité n*admettrait pas toujours les vivacités, le régime intérieur de la famille se réformait.
Examinée et discutée jusque dans les plus secrets détails, la vie privée devenait nécessairement meilleure, car on avait appris à craindre et à rougir. Souvent même , de la licence ou de Tindolence , les âmes passaient brusquement aux rigueurs de Tascétisme et aux pratiques ardues de la sainteté. « Des veuves illustres, des vierges, des filles des demi-dieux et des héros, les descendantes des Fabius et des Emile, des femmes délicates, portées jusqu'alors dans des litières sur les épaules des eunuques; des créatures amollies et superbes, dont le pied s'était toujours posé sur le marbre et ri voire, comme le pied divin des statues; des Romaines qui n'avaient jamais vu la mer qu*à Ostie du haut des terrasses de marbre ou dans une trirème dorée, devenues les guerrières du Christ, frétaient un navire, et partaient joyeuses, intrépides, levant les yeux au ciel, allant en Syrie, en Palestine, sur le mont Sinal^ se livrer aux travaux des femmes esclaves, au pied d'un tombeau d'Asie ^. »
Avec la chasteté, qui tarissait les sources de la dissolution, apparaissait la charité qui guérissait par l'abné-