‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 538 sur 539 · Bhlùnn criticn Philotophite, t. H I; p · texte numérisé non relu

Bhlùnn criticn Philotophite, t. H I; p

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lemeDt les Livres Saints et les enseignements de Vi complètent, aux yeux d'Augustin, les données < raison, mais, en définitive, ils les légitiment et i priment.

Comment d'ailleurs ne pas le reconnaître? La trine d'Augustin ne pouvait être qu'une doctrine ( torité. Ni ses dispositions d'âme, ni sa condition sonnelle, ni les difficultés qui s'offraient à lui, ne mettaient qu'il en fût autrement. Pénétré du 1m d'affermir l'établissement de l'Église , de protégei indivisible unité, de procurer par là le salut des peu l'évéque d'IIippone avait sans doute présentes à l'e les considérations décisives que Bossuet jugeait i dû troubler jusqu'au fond du cœur les promet mêmes de la Réforme.

<t 11 vit que , l'autorité étant une fois ébranlée , les dogmes , et même les plus importants , viendra en question, l'un après l'autre, sans qu'on sût c< ment finir

a 11 vit tout Tordre de la discipline renversé pu quement par les uns, et Tindépendance établie, c'es dire sous un nom spécieux et qui flatte la libei l'anarchie avec tous ses maux; la puissance spiritu mise entre les mains des princes ; la doctrine chrétiei combattue en tous ses points ; des chrétiens nier !'< vrage de la création et celui de la rédemption du ge humain, anéantir l'enfer, abolir l'immortalité de l'ài dépouiller le Christianisme de tous ses mystères, e changer en une secte de philosophie tout accommo aux sens ; de là naître l'indifférence des religions , el qui suit naturellement, le fond même de la religion ai

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que ; rÉcriture directement combattue ; la voie ouverte au déisme, c'est-à-dire à un athéisme déguisé '. »

La philosophie d'Augustin fut donc et devait être non pas môme simplement une philosophie chrétienne, mais , sur plusieurs chefs , une philosophie ecclésiastique. C'est ainsi qu'Augustin semble établir, à la fin, entre la science théologique et la science profane une irrémédiable scission. Dès lors, l'une lui devient presque tout, l'autre presque rien. Celle-là ne s'obtient, suivant lui, que par l'humilité ; celle-ci est le fruit amer de l'orgueil. La piété, voilà uniquement ce qui lui importe. En aucun cas et en rien , il n'en veut savoir plus que l'Église, et que l'Église de son temps. A coup sûr, cette conception de la science manque de largeur. Car qu'est-ce que la science, si elle n'est un progrès ? Cette conception môme de la foi est étroite. Car la foi, de son côté, n'a-t-elle pas ses développements? Et pourtant, grâce à la psychologie qui l'anime , la philosophie augustinienne conserve une haute valeur. En effet, c'est aux sources vives de la psychologie, qu'en dépit de ses vicissitudes, s'est constamment alimentée la pensée d'Augustin. Aussi l'évêque d'Hippone reste , tout compté et rabattu, un éminent philosophe , parce qu'il reste un psychologue de premier ordre.

Remarquons-le néanmoins. Sa psychologie n'a pas laissé que de fléchir aux circonstances.

C'est au sein des orages de sa jeunesse que sont nées ses croyances manichéennes. Puis, converti par la grâce

I. Œuvres complètes ^ t. XU , p. 571: Histoire des Variaiion^ llY. V, 31.

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comme saint Paul, on la voit tout entier au double liment de ses fautes et de son impuissance à les rai ter. 11 s'ensuit qu*à partir de ce moment le dogm la chute et celui de la rédemption forment comm< deux pivots, sur lesquels tourne toute la machin< ses raisonnements. C'est pourquoi, sa psychologi change en une espèce d'exégèse sacrée , et la pb Sophie qu'elle engendre paraît, en quelque mani menacer d'abolition le moi humain.

Effectivement , avant sa conversion , Augustin a appris du Platonisme à démêler en toutes choses le vin ; à rattacher l'homme à Dieu par l'amour et par idées ; à placer le souverain bien de l'àme dans sa semblance avec Dieu, son souverain mal dans son é gnement de Dieu. Après sa conversion , il professe, s'inspirant des Écritures , qu'il n'y a que la théolc qui indique la véritable voie du salut ; que la grâce, non aucunement la liberté, nous meta même de lasuiv que les seuls mérites du Médiateur opèrent la réconci lion de l'homme avec Dieu. Toutes ses paroles sont, la sorte , comme le disait Saint*Cyran à Le Maître , effusions de sa vertu. Ce sont des livres qui sortent sa chaleur, (c Unde ardet^ inde lucet '. » Mais si legé enllammé d'Augustin jette sur tout ce qu'il travc une éblouissante lumière , n'est-on pas obligé d'avoi que cette ardeur l'entratoo aux exagérations ? ] patient d*abord de la discipline de l'Église , il chen ensuite dans son autorité un asile inexpugnable. Th logien, il ne laisse aux philosophes d'autre accès au i

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