Epist, CKXyConseiitio, cap. ii(4l
•j. De MaglUro. lib. I, cap, ix.
104 CHAPITHE I.
voix. Mais cette parole, même intérieure, n'est qu'un signe de la pensée et non point la pensée, a Quoique nous ne proférions aucun son, comme néanmoins nous pensons nos paroles, il y a là un langage intérieur. D'un autre côté, l'élocution ne sert qu'à nous avertir, alors que la mémoire à laquelle sont attachées les paroles, en reproduisant ces paroles, nous rappelle à l'esprit les choses mêmes dont les paroles sont les signes. C'est pourquoi il est constant que les paroles ne sont que des signes ^ » Elles ne donnent point les conceptions, elles les supposent.
Soit donc que nous instruisions autrui, soit que nous nous instruisions nous-mêmes, nous détournons notre intelligence, ou nous reportons les esprits, des mots qui nous avertissent de la vérité, vers la vérité ellemême^ laquelle est intérieure. « Les mots n'ont d'autre vertu que d'inviter l'homme à apprendre, et c'est infiniment peu de chose que ce que l'élocution manifeste de la pensée de celui qui parle. Pour ce qui est de savoir si ce qu'on dit est vrai, c'est ce que celui-là seul peut nous apprendre qui nous fait sentir sa présence au dedans de nous, tandis que, au dehors, retentissent les paroles ^. »
« C'est l'hâte de l'homme intérieur, le Christ ou la vertu immuable et l'éternelle sagesse de Dieu, que toute àme raisonnable consulte, mais qui ne se communique à toute àme que dans la mesure de sa bonne ou de sa mauvaise volonté. Et si parfois Tintelligcnce humaine