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DES NOMBKKS. H 7
dire vrai, mais od ne peut douter que cette proposition n'ait toujours été également vraie et qu'elle ne doive Tétre éternellement ^ i> Cependant, d'où vient aux nombres cette immobile, cette ferme et incorruptible vérité que nous y découvrons? N'est-on pas obligé d'avouer, à moins d'avoir perdu l'esprit et de s'opiniâtrer dans Terreur, que la raison et la vérité qui gtt dans les nombres n'appartient point aux sens du corps ; que c'est là une pure et immuable lumière qui éclaire tous ceux qui sont capables de raison ^?
C*e8t pourquoi Augustin célèbre partout la puissance des nombres. La philosophie pythagoricienne lui semble vénérable et presque divine. Lui-même le déclare : € G*est après avoir recueilli les enseignements de cette philosophie, et conçu par la pensée les nombres purs, les quantités intelligibles, c'est avec le secours de tous les arts libéraux que l'esprit s'approche de l'idée de Dieu. » « Veut-on savoir, ajoute-t-il, pourquoi des six livres que j'ai écrits sur la musique, le sixième offre un intérêt particulier? C'est que j'y montre comment des nombres corporels et spirituels, mais des nombres changeants, l'esprit parvient aux nombres immuables que comprend l'immuable vérité, et contemple de la sorte dans les créatures les invisibles attributs du Créateur^. »
Ainsi, non-seulement les choses nous reportent à la ccmsidération des nombres, mais aussi les mouvements des choses. Que dis-je ! les émissions mêmes de la voix. Puis, de là, comme par une route doucement ménagée.