I. Confe$sionum lib. X, cap. viii, xix, xxv
?• Vojei DOlamment : De Afiima et eju$ origine, lib. IV, cap. vu.
DE LA MÉMOlUfl ET DE L*1MA6INATI0N. 485
pouvons les confier à la mémoire telles que nous les avons reçues, ou les partager, ou les multiplier, ou les resserrer, ou les distendre, ou les ordonner, ou les troubler*.»
Ce serait néanmoins une erreur de croire que la mémoire sensible n'ait d'autres objets que oeux-*là mêmes qui tombent sous le sens de la vue. Sans doute ces objets seuls peuvent être figurés, sans doute aussi la mémoire des images a une vivacité qui lui est propre ; toutefois Fimage n'est pas essentielle au souvenir, et il reste d'expérience constante que nous nous souvenons de toutes les choses qui sont perçues par les sens. Si nous nous rappelons les couleurs et les figures , nous nous souvenons de même des sons, du rude et du poli, des saveurs et des odeurs.
Augustin n'a garde pourtant de renouveler l'hypothèse de l'émission des espèces et des idées représentatives. De l'impression produite par d'autres corps sur notre propre corps natt la sensation, et de la sensation la perception. Au même titre que la perception, le souvenir est un phénomène purement spirituel. Quand je vois la mer, une montagne, le soleil, il n'y a rien qui se détache de cette mer, de cette montagne, de ce soleil pour s'incorporer à moi. A plus forte raison l'idée de cette mer, de cette montagne, de ce soleil, que me rappelle la mémoire, n'est-elle point le résultat d'une émission d'espèces.
Mais si la mémoire réside dans l'âme et non dans le