‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 94 sur 539 · Ëpist. VU, NebridiOy cap. ii · texte numérisé non relu

Ëpist. VU, NebridiOy cap. ii

DB LA MÉMOtPE ET DE L^IMAGINATION. 103

rimagioalion se mêle à la raison, c'est là un fait que le saint docteur constate, mais qu'il regrette; car Timaginatioû lui paraît engendrer toujours quelque erreur, dont la raison a peine à se défendre ' .

Sans doute il peut être utile de nous appuyer sur les formes sensibles pour nous élever à ce que les sens n'atteignent point'. Mais, ni la sagesse, par exemple, ni la justice ne sauraient se concevoir par effort d'imagination. La raison seule nous donne ces pures idées. C'est pourquoi, loin de nous être un secours assuré pour nous élever aux vérités éternelles, les images nous deviennent souvent des obstacles.

Aussi bien, Augustin a-t-il trop longtemps subi les prestiges de l'imagination, pour n'entrer point en défiance è l'endroit de cette maîtresse d'illusions. N'était-ce pas l'imagination qui enchaînait aux récits fabuleux des poètes sa jeunesse ravie? N'était-ce pas l'imagination qui l'avait enflammé de convoitises? N'était-ce pas l'imagination qui, enveloppant son esprit de ténèbres épaisses, l'avait asservi aux sens, de telle sorte que, durant des années, il lui avait été impossible de parvenir à la conception pure de Dieu?

C'est pourquoi, il nous exhorte sans cesse à repousser les ombres et les fantômes de l'imagination, et à rompre tout commerce avec celte faculté dangereuse. Les blessures qu'elle fait à l'âme sont comme inguérissables. « Nullo enim modo resistitur corporis sensibuSj quœ nobis sacratissima disciplina

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