‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 95 sur 539 · CHAPITRE 1. DE LA AIÉMOIRE, £1C · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. DE LA AIÉMOIRE, £1C

est, si per eos inflictis plagis vulneribusque blan^ dimur * .

L'imagination, en outre, nous précipite dans ces états exceptionnels qui s'appellent la rêverie, le rêve, l'hallucination, l'extase, où, ne nous appartenant plus à nous-mêmeg, nous nous repaissons de chimères.

« Les impressions que subit le corps, quand l'âme est émue, peuvent y persister en y déterminant une sorte d'habitude. Remuées ensuite et avivées, en raison des mouvements et des agitations de l'âme, elles nous suggèrent, avec une merveilleuse facilité, les pensées et les songes ^.

L'extase, au contraire, naît alors surtout que l'attention de l'âme se soustrait complètement, s'arrache aux impressions sensibles. Alors, quels que soient les corps qui se trouvent présents, les yeux ouverts ne les voient point, non plus que les oreilles n'entendent aucun son ; le regard de l'âme tout entier reste flxé ou sur les images des corps, dont elle a une vision spirituelle, ou sur des objets incorporels, dont elle conçoit sans aucune image une idée purement intellectuelle^. »

Il est vrai que la disposition des organes a grande part à ces visions. Il est vrai même que les démons peuvent les déterminer par les excitations qu'ils produisent dans notre corps *. L'imagination n'en reste pas moins la cause dominante de ces situations anomales de notre être.

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