Ihid. Ibid,,€^). xvii, xix
KAMS
Les idées nous font connaître avec certitude ce qui est, et les nombres, en particulier, nous révèlent dans les êtres Timmuable. La mémoire amasse, conserve, reproduit les trésors de la connaissance, tandis que Timagination illumine, développe tour à tour ou fausse, offusque cette connaissance.
Or, l'objet de la connaissance est triple, car la réalité elle-même se ramène à un triple objet : Dieu, le monde etTâme.
Directement et immédiatement, les idées nous révèlent Dieu.
Augustin pose, d'autre part, comme indubitable, que les sens extérieurs nous donnent l\Hrc des corps. Il lui suffit que l'idée que nous avons du monde ne lui semble pas pouvoir être révoquée en doute; il ne cherche point à prouver la réalité objective de cette idée.
Enfin, c'est au sens interne, au sens intime, à la conscience, qu'il rapporte la connaissance que nous avons de l'âme.
Pour Augustin, qu'est-ce donc que l'âme?
Il importe de le remarquer. Augustin ne considère pas tout d'abord dans Tâme uniquement l'âme humaine. Avant d'étudier d'une manière particulière l'âme de rhomme, il commence par se demander ce qu'est l'âme en général, l'âme principe des animaux. L'âme humaine reste d'ailleurs comme le type, d'où il part pour y revenir, et sur lequel il ne cesse d'avoir les yeux fixés.
L'âme peut être exactement définie, suivant saint Augustin, une substance raisonnable, préposée au gouvernement du corps; asubstaîitia quœdam rationis particeps, regendo corpori accommodata\ » L'âme informe et vivifie le corps. C'est ce qui résulte évidemment de ce que l'âme sent par le corps, de ce qu'elle exécute en lui et par lui une foule d'opérations qu'elle ne pourrait aucunement accomplir, si elle n'était la forme qui donne la vie à la masse du corps. Chacun de nous en cfiFet connaît évidemment qu'en lui est la vie ou l'âme, et la conscience l'assure qu'il vit, en même temps qu'elle lui témoigne qu'il se souvient, qu'il veut ou qu'il entend.
Ce n'est pas tout. L'existence d'une âme dans les autres hommes, et même dans les animaux, nous devient certaine, parce que nous surprenons chez les autres hommes et chez les animaux des mouvements, en tout semblables à ceux que nous éprouvons nous-mêmes sous l'empire de quelque passion. En nous, ces mouvements tiennent à l'âme. Les mêmes effets exigent invinciblement chez les autres hommes et chez les animaux les mêmes causes. Augustin ajoute néanmoins qu'à la rigueur tous ces mouvements que nous consta-