‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 117 sur 181 · Vie, Tome IV, pp · texte numérisé non relu

Vie, Tome IV, pp

Taine, on peut se faire une idée de la morale scientifique qu'il rêvait d'écrire.

Elle eût eu, sans doute, comme premier principe, l'affirmation du déterminisme, dont Thistoire fournit les preuves les plus solides. Or, admettre le déterminisme en morale, c'est exclure le ton impératif de ses préceptes et le caractère obligatoire de ses maximes. Si je ne suis pas libre, ne prétendez pas m'imposer des obligations auxquelles il faudrait me soumettre, ni des devoirs que j'aurais à remplir. Tout ce que vous pouvez faire, c'est me dire ce qui, en fait, d'après les résultats de votre expérience ou de celle d'autrui, réalise le mieux telle aspiration, atténue le plus telle souffrance. Vous pouvez même aller jusqu'à me dire la façon dont en général mes congénères jugent telle ou telle manière d'agir, ce qu'ils entendent par une vie honnête. Peut-être parviendrez-vous par là à faire naître en moi des tendances assez puis-^ santés pour me faire agir dans tel sens ; peutêtre serez-vous aussi habile pour faire jouer en moi le ressort qui fera de moi ce que vous appelez un honnête homme et un heureux vivant.

Ce qui est bien, jugé honnête par vos congénères, répond Taine, n'est pas identique à ce qui est bon, jugé par vous, utile et profitable pour

vous. La plupart des moralistes ont affinn< identité ; ils estimaient que la fin d'un êtr< ^ son bien ; l'observation de certaines règle

^ raies était selon eux, la condition de Tobt

de la fin, et constituait la moralité et Thon de la conduite ; d'autre part, cette obser des préceptes de la morale était aussi le i le plus sûr de nous rendre parfaitement reux et de satisfaire pleinement tous nos et toutes nos aspirations. Or, rien n'esl faux ; ne constatons-nous pas, en effet, c bonheur est souvent le lot des coquins, que la vertu s'accompagne du malheur ^ partisans de la morale dogmatique et spi liste prétendent, il est vrai, que le bonheur malheur que les hommes éprouvent dans vie, ne doit être compté pour rien; l'ère d compenses et des châtiments n'est pas monde, elle commence avec une autre vi delà de la tombe. Mais c'est là une conc< chimérique enfantée par des imagination abois ^. En réalité, Thomme n'est qu'un bre du grand dieu répandu en toutes chos vie n'est qu'un instant de la durée éternel Tout parfait et infini. L'homme ne peut

L Vï*, Tome !1, p* 31.

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