‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 118 sur 181 · HisL Lin. Angl, Tome H, p · texte numérisé non relu

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pas perdre de vue la condition dans laquelle il se trouve ; elle n^est pas meilleure que celle du commun des êtres de la nature. Nous ne sommes, en effet, que des animaux dé haute espèce, mieux organisés que nos pères et, partant, capables d'une civilisation plus avancée *. Nous sommes nés sociables, destinés à vivre au sein de groupements plus ou moins larges, et dès lors nous sonimes susceptibles d'être utiles ou nuisibles à nos congénères ; c'est dans ces résultats de notre activité au sein de la société, qu'il faudra rechercher le critère de la moralité ou de l'honnêteté de notre conduite. La morale trouve ici son premier objet ,1e bien ; ce qui est bon, utile pour nous constitue un second objet de la morale, mais tout à fait indépendant du premier ; il n'y a aucune corrélation entre une A'ie honnête et une vie heureuse.

L'honnêteté, ce qu'à proprement parler on appelle la moralité des actes, est essentiellement variable : ce qui la fonde en effet, c'est l'appréciation, le jugement que les honunes émettent sur les manières d'agir de leurs semblables. Or, chaque pays, chaque race, chaque époque connaissent des critères de moralité différents.

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