Essais de Critique. Madame d'Aulnoy, pp
3. Les Origines. Régime Moderne, T. III, p. 146. — Nouveaux Essais de Critique. Léonard de Vinci, p. 354.
trop dangereuse ou trop injuste. Si donc la religion les transporte à ces hauteurs où de belles chimères leur donnent des « raisons de croire et des motifs d'espérer », c'est là un bienfait inappréciable.
A cette heureuse influence sur les âmes, la religion ajoute une influence sur Tétat social luimême. Dans les sociétés où la religion n'exerce • pas son action civilisatrice et bienfaisante, « les mœurs privées et publiques se dégradent. En Italie pendant la Renaissance, en Angleterre sous la Restauration, en France soùs la Convention et le Directoire, on a vu l'homme se faire païen... ; la cruauté et la sensualité s'étalaient, la société devenait un coupe-gorge et un mauvais lieu.
« Quand on s'est donné ce spectacle et de près, on peut évaluer l'apport du christianisme dans nos sociétés modernes, ce qu'il y introduit de pudeur, de douceur et d'humanité, ce qu'il y maintient d'honnêteté, de bonne foi et de justice. Ni la raison philosophique, ni la culture artistique et littéraire, ni même l'honneur féodal, militaire et chevaleresque, aucun code, aucune administration, aucun gouvernement ne suffit à le suppléer dans ce service. Il n'y a que lui pour nous retenir sur notre pente natale.
pour enrayer le glissement insensible par lequel, incessamment et de tout son poids originel, notre race rétrograde vers ses bas-fonds : et le vieil Evangile, quelle que soit son enveloppe présente est encore aujourd'hui le meilleur auxiliaire de Tinstinct social ^ »
La religion entretient dans le monde une « chaleur » qui lui est nécessaire. Les hommes n'ont rien trouvé qui pût la remplacer. Elle a donc au point de vue social des titres incontestables. En elle-même, elle est un produit de l'imagination humaine ; aussi varie-t-elle selon le degré et l'espèce d'imagination de& différentes races. Toutes les religions sont des chimères, mais toutes sont bienfaisantes, parce que une religion engendre une morale, et qu'une morale change une barbarie en civilisation ^.
L'organisation démocratique de la société, non seulement aboutit à de graves inconvénients, — la philosophie sociale de Taine les a dénoncés avec assez de fougue, — mais elle constitue, comme le suffrage universel qui en est le co-