Vie, T. I, p
lion et du raisonnement. Ilégel confirma et circonstancia sa conception spinoziste ^. Taine définissait le philosophe allemand : « un Spinoza multiplié par Aristote ^, » et il en admira la force de logique et de dialectique. Mais ij n'en aima pas toujours les constructions hardies : « cela est grand mais cela n*est pas la métaphysique vraie '\ » En somme, Hegel exerça 3ur lui une influence de formation bien plus qu'une influence doctrinale. Il admirait la prodigieuse vigueur de ce génie qui Ta fait monter à des hauteurs où peu de philosophes sont parvenus, mais il estimait qu'il fallait des contrepoids à cet « entassement d'abstractions formidables ». On n'en pourrait trouver de meilleurs que Voltaire et Condillac *.
Ce sont ceux dont Taine s'est servi. Le second surtout fut efficace ; Taine lui doit les principes fondamentaux de sa psychologie. A son avis, <( la méthode de Condillac est un des chefs-d'œuvre de l'esprit humain *. » Il lui a emprunté cette théorie « très féconde... mais
1 Paul Lacombe» La psychologie des individus et dei sociétés chez Taine. Paris, Alcan, 1906, p. 362.