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imparfaits ; 3** qu'il existe un être ayant la plénitude de TEtre. Car plusieurs êtres ayant la plénitude de TEtre sont impossibles puisqu'ils se limitent. La première hypothèse est, dans ses termes mêmes, absurde, car Texistence du néant est contradictoire. Le rien est incompréhensible. C'est dire que le non-être est, que ce qui n'existe pas, existe.
(( La seconde hypothèse est aussi absurde. Si l'être existant est imparfait, ou manque d'une partie de l'Etre, on peut en concevoir un autre à la place ayant plus ou moins d'être ; il y aura donc un être possible à la place de celui qui est actuellement. 11 n'y aura donc pas de raison ppur que celui qui existe, existe plutôt que cet autre, puisque tous les deux sont également possibles. L'être existant n'aura donc pas de raison d'être, il sera donc sans cause, ce qui est absurde ; car tout a sa raison d'être, soit en soi, soit hors de soi.
« Donc la troisième hypothèse existe nécessairement, et la raison d'être de Dieu est l'impossibilité de toute autre existence ^. »
Il n'existe donc qu'un seul être, ayant la plénitude de l'Etre. Et, comme d'autre part, « l'ab-
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solu est à la fois essence et manifestation ^ », ce Dieu se manifesté nécessairement.
Cette manifestation revêt deux formes, selon qu'elle- s'opère par un acte immédiat et par un acte progressif. La première manifestation, c'est Dieu ou l'Etre manifesté immédiatement; la seconde manifestation, c'est. le monde ou l'Etre manifeste progressivement, c'est-à-dire pasjsant (( par une série infinie d'actes finis et progressifs pour arriver à un acte adéquat, c'est-à-dire qui exprime complètement son essence ^ ». La caiise du monde n'est pas Dieu, mais l'Etre considéré comme ayant produit Dieu par sa manifestation immédiate. Sa manifestation progressive constitue l'évolution du monde, laquelle s'opère selon une loi fixe et immuable, développée en lois subordonnées de moins en moins générales'.
Taine avait vingt ans lorsqu'il posait avec tant d'assurance les bases de cette métaphysique panthéiste. Mais quand, plus tard, en pleine maturité d'intelligence, après de longues années de travaux et d'expériences, il condense dans la préface de Vlntelligence, les théories qu'il s'était attaché à défendre, la même conviction