De V Intelligence. Préface, p
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la loi primitive et universelle qui gouverne le inonde ^
Le but de toute science est la recherche de ces lois, et, par delà les lois particulières, de la loi unique dont elles sont les subordonnées. Chaque être manifestant un certain ordre de lois, la connaissance de cet être ne peut être que la connaissance de ces lois. A chaque science ressortit comme objet propre la recherche d'un groupe de lois ; à la métaphysique ressortit la recherche des premières lois, et de la loi unique dont elles dérivent.
Nous disions plus haut que Taine, pour avoir indiqué les grandes lignes d une métaphysique, n'en avait pas moins négligé les recherches qui en sont Tobjet. C'est qu'aussi bien ces recherches, dans l'état actuel de la science, sont prématurées sinon vaines. Viendra-t-il le jour où l'intelligence humaine pourra atteindre ces sommets élevés, où la vue synthétique du monde lui donnera le pourquoi de toute chose ? Taine voulait l'espérer :
« Très probablement, la nouvelle loi mécanique sur la conservation de la force est une
1. Phil. classiques, Préface, p. vm. « La cause tl*un fail esl 1» loi d'où il g« déduit. »
Vie, II, p. 257.
dérivée peu distante de cette loi suprême
On saisit là quelque chose d'éternel ; le fond immuable des êtres est atteint ; on a touché la substance permanente. Nous ne la touchons que du doigt ; mais il n'est pas défendu d'espérer qu'un jour nous pourrons étendre la main... ^ »
Nous voilà loin, de la « science réservée », de la « philosophie modeste », que M. Faguet attribuait à Taine. Il y a ici, incontestablement les grandes lignes d une métaphysique ; on en aperçoit très clairement le schéma. Il n'exisie qu'un seul être, la Nature, dont l'essence et la manifestation sont une seule et même chose, existant nécessairement parce qu'il est absolu.
La manifestation immédiate de l'être absolu, nous l'appelons Dieu ; le monde en est la manifestation progressive : celle-^ci constitue donc l'évolution du monde. Cette évolution obéit dans son devenir à une loi universelle qui meut tout, soit par elle-même, soit par les dérivées plus ou moins lointaines. Ces lois sont des causes incluses dans les êtres et dans les événements qu'elles font surgir : le monde physique que nos sens perçoivent, n'en est que l'expression