Voyage aux Pyrénées, pp. 519-521. « Tout vit
dans les cassures multipliées des cimes ébréchées et meurtries, dans les hautes tranchées saignantes où le roc lisse se dresse comme un mur ^ »
Par ridenlité des éléments constitutifs des êtres, les règnes se rapprochent, les différences s'évanouissent, 1 unité foncière de la Nature s'accuse. Il n'y a qu'une différence de degré entre les mondes que nous distinguons : au degré inférieur, au dessous du monde des animaux, qui sont les frères de l'homme, « des enfants qui, arrêtés dans leur croissance, ont gardé la simplicité, l'indépendance et la beauté du premier âge », paraît un monde nouveau, « encore plus simple et plus calme, celui des plantes, des pierres, des nuages, des eaux, de toutes les choses qui semblent inanimées. Elles le sont pour la réflexion étroite et grossière qui ne voit la vie que dans la pensée et la volonté. Mais la vie est dans tous les mouvements et dans toutes les formes ; car chaque mouvement révèle une force qui s'exprime, et chaque forme révèle une force qui s'est exprimée. Partout autour de nous, dans les objets les plus bruts et les plus inertes, il y a des tendances, des