Les Philosophes classiques, pp. 1G6 IG
faits et dès lors on peut dire que « trouver Tessence, c'est ramener un fait aux faits qui le composent et auxquels il se réduit ^. »
De même que certains faits sont l'essence d'autres faits, de même certains faits sont la cause d'autres faits : « les essences et les causes ne sont que des faits \ »
En quelques mots, voici toute cette cosmologie : il n'y a rien de réel dans les corps que leurs mouvements ; ces mouvements sont des sensations rudimentaires, des qualités, c'est-à-dire des faits constitutifs de faits plus complexes dont ils sont l'essence et la cause.
D'autre part, rien n'existe que la substance, ses attributs et ses actes, c'est-à-dire la loi suprême développée en lois subordonnées. Dès lors, l'essence des lois divines constitue toute la réalité des êtres : les qualités, faits, mouvements, sensations, ne désignent tous que le jeu des lois, et c'est avec raison dès lors qu'on considère celles-ci comme des « forces naturelles », des « puissances naturelles qui sont le principe de la nature ^. » De sorte que « chaque chose, brute ou pensante est un groupe de puissan-