‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 55 sur 181 · Vie, Tome IV, pp · texte numérisé non relu

Vie, Tome IV, pp

De même, quand on dit que lès religions et les philosophies sont des produits du milieu où elles sont nées ^, on veut dire que des intelligences humaines ont pu tes créer et les construire, parce que seules les façons de penser et de sentir qui les conditionnent, convenaient à la température morale qui existait dans un pays, pour une race à un moment donné. <( Les génies et les talents sont donnés comme les graines... la Nature est une semeuse d'hommes qui, puisant de la même main dans la même besace, répand à peu près la même quantité, la même qualité, la même proportion de graines dans les terrains qu'elle ensemence régulièrement et tour à tour. Mais, dans ces poignées de semence qu'elle jette autour d'elle en arpentant le temps et l'espace, toutes les graines ne germent pas. Une certaine température morale est nécessaire pour que certains talents se développent ; si elle manque ils avortent. Par suite, la température changeant, l'espèce des talents changera ; si elle devient contraire, l'espèce des talents deviendra contraire, et, en général, on pourra concevoir la température morale comme laisanl un choix ^ntre les différentes espèces de talents, ne lais-

1. Les Philosophes classiques, p. 80. — Hisl. Litl. Artf//., Tome JV, p. 322.

sarit se développer que telle ou telle espèce, excluant plus ou moins complètement les autres ^ »

Seuls percent les génies qui conviennent au milieu, comme seules naissent les institutions, surgissent les événements ou éclosent les œuvres qui correspondent au degré de température morale. C'est 15 tout le sens de la loi des facteurs primordiaux.

D'autres lois régissent les faits sociaux ; mais elles A'agissent que dans les limites d'une subordination étroite : « Les arts, les sciences, les mœurs, les événements de l'économie politique et domestique ont leurs lois qui tiennent aux autres et toutes s'unissent en une seule ^. »

La hiérarchie des lois, qui descend depuis ce sommet où se réalise l'unité de l'univers, reparaît donc dans la formation des sociétés humaines. Rien n'échappe à la puissance de ces divinités qui façonnent le monde humain comme elles façonnent le. monde physique. La sociologie aura donc pour objet des lois, et finalement la loi unique qui les résume. Taine prétend avoir découvert celle-ci dans sa loi des Facteurs Primordiaux.

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