‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 66 sur 181 · De V Intelligence, Tome I, p · texte numérisé non relu

De V Intelligence, Tome I, p

par la conscience ^ ». Si Ton maintient le mot, il faut le définir ; la substance désigne Ten* semble primitif des qualités d'un être. Dès lors la substance spirituelle n'est que lensemble primitif des qualités de l'être sentant ou agissant, en l'espèce, des connaissances et des volitions. L'âme n'est pas <( distincte des idées, sensations et résolutions que nous remarquons en nous... Les idées, sensations et résolutions, sont des tranches ou portions interceptées et distinguées dans ce tout continu que nous appelons nous-mêmes, comme le seraient des portions de planche marquées et séparées à ia craie dans une longue planche. Nous ne disons point pour cela que le moi soit la collection et l'amas des idées, pas plus que nous ne disons que la planche est la collection et l'addition des morceaux de planche... Mais si tous les morceaux étaient enlevés, il n'y aurait plus de planche ; et si toutes les idées, sensations, résolutions disparaissaient, il n'y aurait plus de moi... Donc nos opérations et modifications sont des portions de nous-mêmes. Donc le moi n'est point une chose distincte, autre que les

J. Ibidem, p. 8.

opérations et modifications, cachée sous elles, durable en leur absence ^ ».

Cependant nous avons tous une notion spontanée du moi comme de quelque chose de permanent : toutes les opérations que nous accomplissons, nous les rapportons à notre moi. Cette conviction spontanée est-elle tout à fait erronée? Non, « illusoire au sens métaphysique, cette notion ne Test pas au sens ordinaire ». Le moi désigne, en effet, « la possibilité permanente de certains événements sous certaines conditions, et la nécessité permanente des mêmes événements sous les mêmes conditions, plus une complémentaire, tous les événements ayant un caractère commun et distinctif, celui d'apparaître comme internes ^. »

Evénements et possibilité permanente de ces mêmes événements, il n'y a rien d'autre dans le moi.

« Il faut laisser de côté les mots de raison, d'intelligence, de volonté, de pouvoir personnel et même de moi, comme on laisse de côté les mots de force vitale, de force médiatrice, d'âme végétative ; ce sont des métaphores litté-

1. Les Philosophes clnfmiques, pp. 250-251 — De Vlntelligence, Tome I, pp. 344-345.

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