Ibidem, Tome II, p
S. Le» Philosophes classiques, pp. 44 45.
sant ; c'est là rhallucinalion proprement dite. Mais que « la sensation soit maladive ou saine, spontanée ou forcée, née au dedans ou causée par le dehors, elle suscite toujours le simulacre d'un objet extérieur qui paraît réel... La perception extérieure est une représentation du dedans projetée et réalisée dans le dehors ^ ».
Dans les deux cas, le mécanisme est le même; nous prenons pour un objet extérieur et réel ce qui n'est qu'un simulacre interne. Et Ton pourra donc soutenir que lorsque la projection au dehors du simulacre interne coïncide avec la présence d'un objet extérieur et réel, la perception extérieure est une hallucination vraie.
Le second caractère de la sensation, c'est d'être distincte du groupe d'images qui s'associe à elle pour constituer la perception d'un objet, en lui attribuant une position à tel ou tel endroit du corps, à tel ou tel endroit en dehors de nous, « au loin, dans l'air, à la surface des objets extérieurs ». L'étude rigoureuse de la sensation exige, en effet, qu'on la dislingue de « tous ces appendices que le temps vient souder » sur elle ^.
La sensation est distincte aussi « de l'état du