‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 77 sur 181 · Vie, Tome 1, pp · texte numérisé non relu

Vie, Tome 1, pp

nus, — affirmer avec une confiance absolue, des conclusions lointaines et encore à venir. C'est que, sous le psychologue, reparaissait le panthéiste, le croyant de la science : la nature est une pure loi abstraite, et tout ce qui nous rapproche de la connaissance de cette loi nous rapproche de la possession du dernier pourquoi des choses ; à chaque tournant de la science, nous l'apercevons d'un peu plus près.

Après avoir étudié Tintelligence, il fallait étudier la volonté; Tactivité psychologique n'est pas seulement cognitive, elle est aussi volitive. Nous avons dit que Taine n'a pu mettre à exécution le projet longtemps nourri, d'écrire un ouvrage sur la volonté qui aurait constitué le pendant de V Intelligence. Toutefois les notes réunies dans cette intention, et quelques passages épars dans son œuvre, suffisent à nous faire saisir dans les grandes lignes sa théorie sur la volonté .

Nous retrouvons ici une conception analogue à celle qui domine V Intelligence. L'âme humaine n'est qu'une série indivisée de phénomènes : et de même que l'intelligence n'est qu'un

mot ou une étiquette désignant lensemble des eonnaissances, de même la volonté n'est qu'une étiquette désignant l'ensemble des volitions. Ici comme là, il n'y a pas de faculté au sens où l'entendent les spiritualistes : si on conserve le mot, il faut le définir comme on l'a défini plus haut : une faculté est une possibilité permanente de certains événements sous certaines conditions ^. (( Ni la volonté, ni la résolution, ni son efficacité, ni aucune force ne sont des êtres... Il n'y a dans le monde que des faits et des rapports nécessaires » ; la volonté en exercice n'est qu'un cas- particulier des liaisons générales et nécessaires que nous constatons entre deux faits ou événements ^.

Lorsque nous analysons les faits, nous constatons, en effet, que nos déterminations sont des états d'âme qui provoquent certains actes ; la volonté ou le pouvoir personnel « n'est que la force prédominante d'une idée... la qualité périssable d'une idée périssable \ »

A côté des sensations (( cognitives », il y a des sensations k impulsives », capables de trans-

1. Hist. Litt. Angl., Tome V, pp. 395-397. — De Vlnielligenee, Tome II, pp. 204 à 206.

2. Les Philosophes classiques, pp. 72-73. — De Vlntelligence, Tome I, pp. 337-342. — Tome II, pp. 305-306.

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