‹ La philosophie de Taine: essai critiqueChapitre 85 sur 181 · L. Emparl, op. cil., pp · texte numérisé non relu

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images arrivent jusqu'à cette dernière étape dans l'élaboration de nos connaissances ; nous n'avons pas à notre disposition d'autres éléments matériels. La pensée qui abstrait et universalise les qualités générales rencontrées dans les individus, est, comme telle, une lonction. Si Taine avait poussé l'induction jusqu'au bout, il aurait atteint ce dernier rouage de notre mécanisme intellectuel qui lui imprime son mouvement et qui donne à ses opérations leur ampleur et leur prix. Mais le système gardait les issues, et Taine prétendit borner ses regards aux limites restreintes des résultats immédiats de l'expérience ; il était aveuglé par des préjugés.

Aussi bien cette défaillance scientifique devaitelle l'amener à d'inévitables contradictions ; elles sont la rançon de ces attitudes systématiques, de ces obstinations injustifiées auxquelles l'indépendance orgueilleuse conduit des esprits souvent sincères.

Les aflîrmations de Taine, quant à la valeur objective de nos connaissances, constituent une de ces contradictions.

Nous avons fait remarquer plus haut que la théorie de l'hallucination vraie eût dû, logiquement, le mener au scepticisme et au subjecti-

visme kantien. D'après elle, en effet, la perception extérieure ne nous fait pas sortir du monde intérieur d'idées et d'images où nous nous ' débattons ; nous sommes impuissants à constater l'adéquation de l'ordre logique à l'ordre réel. « Prise en elle-même, écrit M. de Margerie, la théorie de M. Taine est logiquement sceptique en ce qui touche l'existence du monde extérieur... Le scepticisme idéaliste est l'aboutissant inévitable de toute doctrine sur la perception extérieure qui refuse d'admettre sous une forme ou sous une autre une com-^ munication effective entre l'esprit et les choses. Si quelque objectif réel ne nous est pas donné par l'exercice de nos facultés perceptives, rien d'objectif, je veux dire aucune affirmation légitime de l'objectif, aucune notion même de l'objectif, ne sera conquis par le travail ultérieur de la pensée ^ »

Or, Taine a prétendu conserver à nos connaissances une valeur objective ; il combat Kant qui ne leur reconnaît qu'une valeur idéale, et Stuart Mill qui n'y attache qu'une valeur relative. La connexion qui relie les deux termes de nos axiomes, est nécessaire, d'après lui, parce^

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