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fin de Tété de 1852, il fut nommé professeur de sixième au lycée de Besançon. Cette nomina-.
lion équivalait à ime destitution. Taine le comprit ; il demanda et obtint un congé de disponibilité qui devait marquer la fin de sa carrière professorale.
De retour à Paris, et, pour s'assurer des moyens d'existence, il s'engagea à donner un cours à l'institution Carré-Demailly. Indépendarit dès lors, il s'adonna tout entier à ses études, poursuivant la rédaction de ses thèses pour le doctorat, suivant des cours de physiologie, de botanique, de zoologie et fréquentant la clinique de la Salpêtrière. A la fin du mois de mai 1853, il fut reçu docteur ès-lettres à la Sorbonne.
L'hiver de cette même année fut consacré à la préparation d'une étude sur Tite-Live que Taine comptait présenter au concours de. l'Académie Française. Il n'en entreprit pas moins des études de physiologie et de sciences naturelles qui devaient lui fournir plus tard les matériaux de V Intelligence. La maladie le contraignit à suspendre ses travaux et à faire un séjour aux Pyrénées. Les notes qu'il en rapporta devaient,, sur la demande de M. Hachette, fournir la matière d'un Guide aux Eaux des Pyrénées. Elles-
devinrent en réalité le Voyage aux Pyrénées, dont la première édition parut en 1855. <( Cette année 1854 est une date importante dans la vie de Taine. Le repos auquel il fut contraint, l'obligation de se mêler aux hommes, de se promener, de voyager, l'arrachèrent à sa vie claustrale et à son travail solitaire pour le mettre en contact plus direct avec la réalité. Sa méthode d'exposition philosophique s'était modifiée pendant cette année d'observation de la vie réelle ^ »
L'année 1855 marqua les débuts de Taine à la Revue de V Instruction publique et à la Revue des Deux Mondes; un an plus tard, il collaborait au Journal des Débats,
Au mois de mai 1855, l'Académie Française -couronna son Essai sur Tite-Live qu'elle avait rejeté une première fois en 1854. Taine l'avait remanié dans l'entretemps. Il entreprit cette môme année, deux séries d'études sur la littérature anglaise et sur les philosophes français du XIX* siècle.
Pendant les années 1856 et 1857, Taine retomba malade : une crise de fatigue cérébrale et de dépression nerveuse le contraignit à un repos absolu. Il dut se limiter à la publication de
J. Gabriel Monod, op. cit., p. 96.
quelques artidles dans diverses revues, qui devaient rentrer dans les Essais de critique et d'histoire publiés en février 1858. Ces articles furent très remarqués. Sainte-Beuve écrivait à cette époque : « M. Taine est un des jeunes critiques dont le début a le plus marqué dans ces derniers temps, ou, pour parler sans à peu près, son début a été le plus ferme et le moins tâtonné qui se soit vu depuis des années en littérature. Chez lui, rien d essayé, rien de livré au hasard de la jeunesse : il est entré tout armé ; il a pris place avec une netteté, une vigueur d'expression, une concentration et un absolu de pensée qu'il a appliqués tour à tour au?: sujets les plus divers, et dans tous il s'est retrouvé un et lui-même. Il a voulu et il a fait. H a du talent, et il a un système ^. »
Taine ne put se remettre au travail que vers la fin de 1859. L'année précédente il avait fait un voyage en Hollande, en Belgique et en Allemagne. Le repos forcé auquel il était astreiat lui était très pénible.
(( Je vis en huître — écrivait-il le 30 janvier 1859^ — je n'ai plus de leçons, j'évite de penser, de xîauser... J'étais fort triste d'abord de mon
1. Sainte-Beuve, Causeries du lundi. Extraits publiés par Gustave tmson. Paris, Garnier, 1900, p. 549.
Taine. 2
état et de l'avenir ; depuis je me suis fait de te morale et j'ai repris mon équilibre ^ » Le seul travail marquant qui parût à cette époque est la deuxième édition refondue du Voyage aux Pyrénées, En 1860, Taine fit son premier séjour en Angleterre dans le but de pousser ses études sur la littérature anglaise ; il consacra les trois années suivantes à la préparation du grand ouvrage qu'il méditait d'écrire sur ce sujet. Le premier volume de YHistoire de la littérature anglaise parut en 1864. Dans l'entretemps paraissaient, en 1861 sa thèse sur La Fontaine entièrement remaniée sous le titre de La Fontaine et ses labiés, et quelques articles de critique dans diverses revues. En 1862, Taine s'essaya à écrire un roman, mais il n'en rédigea que quelques chapitres ; le récit tournait à, l'autobiographie.
Au mois de mars 1863, il fut nommé examinateur d'admission à l'Ecole militaire de Saint- Cyr. Ses nouvelles fonctions l'obligèrent à se rendre en province. Les notés qu'il en rapporta devaient fournir la matière des Carnets de Voyage. Pendant l'hiver de cette même année, Taine fréquenta quelques salons en vue, celui