Essais, p. XIX et
son énergie et son effort '. » Ainsi, le problème de la liberté semble réservé, avec toutes ses conséquences métaphysiques et morales ; et je sais bien que tout le reste de la philosophie de M. Taine est une négation du libre arbitre ; mais enfin, il montre ici que cette méthode historique peut être employée par le moins déteiministe des philosophes, et il a raison: c'est seulement par leurs conséquences ultimes et par leurs traits généraux que les actions humaines appartiennent au déterminisme scientifique ; en elles-mêmes, elles peuvent ne relever que d'elles-mêmes : car au fond du problème de la liberté, il y a le problème de la genèse des idées, problème psychologiquement insoluble et qui admet les deux solutions ^ Enfin, grâce à cette nouvelle conception de l'histoire, une ère de progrès indéfinis s'ouvre devant l'activité humaine: car nous arriverons un jour à connaître les lois générales qui président à l'évolution des phénomènes historiques, par suite ta prévoir les événements futurs, et, toutes choses étant liées dans l'ordre des causes, il nous suffiia de déplacer le moindre rouage à notre portée pour déterminer « un changement énorme dans le jeu de la machine au profit de l'insecte intelligent par lequel l'économie de sa structure aura été pénétrée^ ». Est-ce là ce qu'on appelle décourager nos efforts* ?