‹ La philosophie de TaineChapitre 26 sur 37 · Origines de la France contemporaine^ passim · texte numérisé non relu

Origines de la France contemporaine^ passim

Cotto iTnHhode si sago, et qui condamne si impitoyablement presque toute l'anivre de la Révolution française aboutit à des leçons positives et même à des théories générales *. Si, pour la France contemporaine, elle souscrit au maintien du suflVage universel, elle le transforme et l'accommode aux nécessités de l'heure présente. Elle rejette le scrutin de liste comme malhonnête et illusoire. Parlant des données de la statistirjue, de l'expérience courante et personnelle, mais bien informée, des enquêtes psychologiques et historiques les plus précises, elle déclare que le seul moyen d'assurer à chaque citoyen la pleine liberté et la pleine intelligence de son vote, de constituer un Parlement qui représente avec dignité et compétence les opinions et les intérêts réels du pays, de compléter enfin peu à peu l'éducation politique du peuple, c'est d'établir un suiïrage à deux degrés qui « mette entre les mains du peuple la poignée de la machine », mais non la machine elle-même dont il ne connaît pas tous les rouages. « Chaque commune devra nommer trois ou quatre délégués connus d'elle qu'elle enverra au chef-lieu d'arrondissement : ces électeurs du second degré, une fois réunis avec d'autres, lui nommeront son député. » Grâce à cette solution, « la lumière sera mise dans l'élection et la loyauté dans la loi ^ ».

Elevons-nous au-dessus de ce point de vue tout local et français. Vàv la même méthode on arrive à une conception générale de l'Etat moderne qui peut nous servir à orienter nos réformes, régler nos constitutions et juger celles dont on a si souvent essayé depuis un siècle. A l'inverse des sociétés antiques où l'individu appartient .à sa communauté et où prévaut en définitive « le socialisme autoritaire », les sociétés modernes, issues du christianisme et de la féodalité,

1. « Toute science aboutit à des vues générales, hasardeuses, si Ton veut, mais que pourtant on aurait tort de se refuser, car elles sont le couronnement liu reste, et c'est pour monter à ce haut belvédère, que, de génération en génération, on a bàli » {Inlellig., 1,6, 7).

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